Depuis le 7 juin dernier, Paul Biya séjourne à Genève pour un « séjour privé » dont la durée intrigue jusque dans les milieux diplomatiques. Selon des révélations de Jeune Afrique, c'est à son directeur de cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo, qu'il revient de gérer, au quotidien, les conséquences politiques de cette absence prolongée du chef de l'État camerounais.
D'après les informations de Jeune Afrique, c'est Samuel Mvondo Ayolo qui, à la mi-juin, a personnellement bloqué la diffusion sur la CRTV, la télévision nationale, d'un décret de nomination d'un vice-président de la République — document qui, selon le média, n'émanait pas de Paul Biya. Un épisode qui illustre, selon Jeune Afrique, le rôle de dernier filtre que joue le directeur du cabinet civil face aux tentatives de manipulation de l'autorité présidentielle pendant l'absence du chef de l'État.
Jeune Afrique rapporte que Samuel Mvondo Ayolo consacre une bonne partie de son énergie à contenir les rumeurs sur l'état de santé de Paul Biya, qui suit, selon le média, un protocole de soins dans une clinique genevoise. Interrogé directement par Jeune Afrique sur d'éventuelles dissimulations, il aurait répondu de façon cinglante : « Vous pensez que nous serions irresponsables au point de cacher [son] décès ? ». Une déclaration qui, selon le média, n'a pourtant pas suffi à calmer les interrogations des milieux diplomatiques, inquiets et le faisant savoir sous couvert d'anonymat.
Toujours selon Jeune Afrique, la gestion de la délégation camerounaise présente en Suisse relève elle-même du casse-tête pour Samuel Mvondo Ayolo : Franck Biya, le fils du président, y est régulièrement présent et en profiterait pour avancer ses pions en vue d'une éventuelle nomination à la vice-présidence — sans pour autant s'entendre avec sa belle-mère, Chantal Biya, elle aussi présente en Europe et porteuse de ses propres ambitions pour ses proches. Une configuration que Jeune Afrique décrit comme un numéro d'équilibriste permanent pour le directeur du cabinet civil, contraint de ménager des intérêts familiaux concurrents à des milliers de kilomètres de Yaoundé.
Jeune Afrique rapporte enfin un message que lui aurait adressé directement Samuel Mvondo Ayolo, affirmant que Paul Biya se trouve en « très bonne santé » et n'a « jamais été hospitalisé », tout en lançant, à mots à peine couverts, une mise en garde à l'attention de ceux qui, au sein du sérail, attendraient son départ : « Certains [...] partiront peut-être avant lui ». Une phrase dont Jeune Afrique note qu'elle n'a pas été assortie de précisions sur l'identité des personnes visées, mais qui trahit, selon le média, la tension avec laquelle le directeur du cabinet civil vit cette période d'incertitude.