Dans un État de droit, permettre un droit de réponse ne devrait jamais constituer une faute
Le journaliste Bouba Ngomena a fait l’objet d’une convocation devant le Conseil national de la communication (CNC) après avoir offert à l’activiste Paul Chouta un droit de réponse en direct lors de l’émission Canal Presse. Face à cette situation, qu’il attribue à des pressions et à une polémique médiatique, il a annoncé son retrait temporaire de la présentation de l’émission afin de préparer sa défense avec ses avocats. Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse, le respect du pluralisme des opinions et l’indépendance des organes de régulation au Cameroun.
Le journaliste Bouba Ngomena est aujourd'hui dans le viseur des autorités pour avoir simplement permis à Paul Chouta d'exercer son droit de réponse en direct face aux accusations formulées par une intervenante présentée comme proche du RDPC lors d'une émission télévisée dimanche dernier.
À la suite d'une campagne de pressions et de dénonciations, le présentateur de Canal Presse a été convoqué devant le Conseil National de la Communication (CNC), une institution régulièrement accusée par de nombreux observateurs de s'acharner contre les médias privés lorsque les intérêts du parti au pouvoir sont mis en cause.
Face à cette situation, Bouba Ngomena a annoncé son retrait temporaire de l'émission afin de préparer sa défense avec ses avocats et de comparaître devant le CNC.
Dans un État de droit, permettre un droit de réponse ne devrait jamais constituer une faute. La liberté de la presse implique le pluralisme des opinions, le débat contradictoire et le respect des droits de toutes les parties.
La convocation d'un journaliste pour avoir offert un espace de réplique soulève une fois de plus la question de l'indépendance des organes de régulation et de la protection effective des libertés fondamentales au Cameroun.
Marc Lechanceux