Affaire Charlotte Dipanda : Quand le cabinet civil tremble devant un solfège

Paul Biya Moise Les autorités peuvent empêcher une artiste de monter sur scène

Mon, 2 Nov 2026 Source: www.camerounweb.com

L’éviction de la chanteuse Charlotte Dipanda de la cérémonie des Canal 2’Or est une illustration de l’ingérence du pouvoir politique dans la culture et une sanction liée aux opinions de l’artiste ainsi qu’à ses affinités avec Richard Bona. Certains Camerounais critiquent une conception de la culture fondée sur l’allégeance politique plutôt que sur la liberté de création et estime que la censure ne peut freiner durablement le rayonnement des artistes.

Quand un pouvoir politique s’empare de la culture, c’est la tyrannie en costume trois-pièces qui s'érige contre la créativité, posant une menace directe à la fertilité des œuvres de l’esprit.

L'éviction burlesque de Charlotte Dipanda des Canal 2'Or, téléguidée par les stratèges en chef du Cabinet civil de la présidence, bascule au-delà de l'autoritarisme classique pour sombrer dans le vaudeville politique. Voir de hauts dignitaires de la République, sanglés dans leurs certitudes et leurs décrets, s'agiter frénétiquement dans l'ombre pour arracher le micro d'une chanteuse à quelques minutes du direct relève d'une panique presque comique. Lorsqu'un régime prétendument solide en est réduit à déployer l'artillerie lourde de l'appareil d'État pour abattre une mélodie, il ne démontre pas sa force : il étale une fragilité systémique tellement ridicule qu'elle en devient divertissante.

LES INQUISITEURS DU DISCOURS UNIQUE ET LES TRIBUNAUX DE COULISSES

Un artiste est avant tout un être humain disposant de droits naturels inaliénables, doublé d'un citoyen dont les obligations reposent exclusivement sur son libre arbitre. Le condamner artistiquement, lui barrer l'accès à une scène ou saboter sa performance en raison de ses positions politiques ou de ses amitiés citoyennes constitue la forme la plus aboutie, la plus décomplexée et la plus pathétique de la dictature d’opinion.

Pour les bureaucrates de Yaoundé, la culture ne se conçoit pas comme un espace d'émancipation, mais comme un enclos d'allégeance obligatoire, un défilé de majorettes idéologiques où le génie doit poliment s'effacer devant le culte de la personnalité.

En transformant les coulisses d’une remise de prix en tribunal politique clandestin, ces censeurs de salon s'imaginent détenir le droit de vie et de mort sur la beauté. Ils ont décrété que les notes de musique devaient obtenir un visa de conformité militante, et que la sensibilité artistique devait se soumettre au tampon de l'administration.

L'ART VOYAGE SANS PASSEPORT : DE RICHARD BONA À CHARLOTTE DIPANDA

Cette énième censure apeurée du régime de Yaoundé ne fait que lever le voile sur sa véritable nature : une mécanique grotesque de "Méchanceté d’État".

C’est la revanche des hommes de l’ombre contre ceux de la lumière, l'acharnement stérile d'un système à bout de souffle qui pense pouvoir emprisonner l'esprit dans les tiroirs d'un bureau ministériel tenu par des imposteurs!

Mais c'est là que réside l'ironie suprême de leur bureaucratie punitive. Le pouvoir a la mémoire courte, ou peut-être manque-t-il simplement de clairvoyance : la censure acharnée du régime de Yaoundé n’a jamais pu être un obstacle à la carrière planétaire et à la réussite professionnelle insolente de Richard Bona. De la même manière, ces basses manœuvres de couloir ne seront jamais une obstruction à l’émancipation citoyenne ni au rayonnement artistique international de Charlotte Dipanda. On peut interdire l'accès d'une salle à une diva, mais on ne peut pas décréter le silence d'un peuple qui chante déjà ses textes.

La "Méchanceté d’État" peut bien éteindre les projecteurs d'une soirée, elle reste structurellement incapable d'assombrir une étoile dans sa sublime reluisance !

PS.

Connaissant ces "Bonobos-d’État"… je suis sûr qu’ils ont demandé, mais elle a dit non

Loïc Kodjay


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