La défense conteste aussi les conditions du renvoi devant la juridiction de Mbengwi
Les avocats de Léopold Maxime Eko Eko contestent son renvoi devant la justice dans l’affaire Jan Joris Cappelle. Ils nient son implication dans l’arrestation et la détention initiales du ressortissant belge, tout en reconnaissant que celui-ci a ensuite été pris en charge par la DGRE à Yaoundé en avril 2016, sur instruction qu’ils attribuent au ministre secrétaire général de la présidence.
Après les révélations évoquées en début de semaine sur l’affaire Jan Joris Cappelle, les avocats de Léopold Maxime Eko Eko répondent. Dans un communiqué daté du 7 octobre 2026, ils contestent la responsabilité de l’ancien patron du renseignement extérieur dans les mauvais traitements présumés infligés au ressortissant belge et dénoncent des irrégularités dans la procédure.
Le dossier revient sur des faits remontant aux années 2015 et 2016, liés à l’arrestation, à la détention et à des actes présumés de torture contre Jan Joris Cappelle. Selon le collectif de défense, le nom de Léopold Maxime Eko Eko figure dans une ordonnance de renvoi du juge d’instruction du Tribunal de grande instance de la Momo, à Mbengwi, dans le Nord-Ouest.
Cette nouvelle mise en cause intervient alors que l’ancien directeur général de la Recherche extérieure est déjà jugé dans l’affaire Martinez Zogo. Ses avocats établissent un lien entre les deux dossiers, présentant la procédure de Mbengwi comme une tentative de contourner les difficultés que rencontrerait l’accusation dans le procès Zogo. Cette lecture relève de leur argumentaire de défense : aucun élément présenté dans le communiqué ne démontre une coordination entre les deux procédures.
Sur le fond, les conseils d’Eko Eko affirment que la DGRE n’a ni initié l’enquête contre Jan Cappelle, ni participé à son audition ou à sa détention dans le Nord-Ouest. Ils soutiennent également qu’elle n’a pas demandé son transfert à Yaoundé.
Ils reconnaissent cependant que le ressortissant belge a ensuite été reçu dans les services du renseignement extérieur. Selon leur récit, en avril 2016, Eko Eko aurait reçu instruction du ministre secrétaire général de la présidence de prendre en charge Jan Cappelle, remis par la Délégation générale à la sûreté nationale, aux fins d’exploitation.
La distinction est centrale dans leur défense : ils contestent l’implication de la DGRE dans les premières étapes de l’arrestation et du transfert, tout en admettant une intervention ultérieure à Yaoundé. Le communiqué ne joint toutefois pas l’instruction invoquée.
D’après les avocats, Jan Cappelle a été confié à la Direction de la recherche pour audition. Ils affirment que cette direction ne disposait alors d’aucun moyen de coercition ou de contrainte. Ils présentent ensuite l’intervention de leur client comme une démarche diplomatique, menée avec l’ambassade de Belgique pour organiser le retour de l’intéressé dans son pays.
Toujours selon cette version, le ressortissant belge aurait été remis à la DGSN avec une proposition de rapatriement, exécutée par les services de police compétents avec l’accord des hautes autorités camerounaises. Ce récit ne permet pas, à lui seul, de trancher les accusations de mauvais traitements.
La défense conteste aussi les conditions du renvoi devant la juridiction de Mbengwi. Elle affirme qu’Eko Eko n’a jamais été cité, formellement inculpé par le magistrat instructeur ou entendu dans cette procédure, et que l’ordonnance ne lui a jamais été notifiée. Ses avocats assurent qu’il en aurait découvert l’existence sur les réseaux sociaux.
Ils invoquent notamment les articles 3, 40, 41 et 257 du Code de procédure pénale pour soutenir que les manquements allégués exposeraient la procédure à une nullité absolue. Il s’agit d’une contestation juridique portée par la défense, et non d’une annulation déjà prononcée.
Boris Bertolt