L’affaire Joseph Fouda continue de choquer du monde
L’affaire du contre-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du président Paul Biya, porte sur un scandale politico-judiciaire et une guerre de clans au sommet de l’État. Le colonel Metogo en sait quelque chose. L’ancien commandant des forces spéciales se met à parler, dévoilant des zones d’ombre dans ce dossier.
Je suis Metogo Atangana Gabriel, né le 27 octobre 1958 à Mekomo, fils d’Atangana Basile et de Nkolo Véronique, colonel à la retraite. Le 4 mars 2024, j’ai reçu à mon domicile le lieutenant-colonel à la retraite, Atangana Avom Jean. Celui-ci souhaitait, par mon intermédiaire, entrer en contact avec le contre-amiral Joseph Fouda, qu’il avait connu par mon entremise ; il disait avoir une information sensible et personnelle à lui passer.
Je lui ai expliqué que le contre-amiral et moi ne nous fréquentions plus régulièrement depuis quelque temps, mais que je pouvais lui adresser un message en cas de nécessité. Je lui ai donc envoyé un message dont la réponse n’a pas tardé. La réponse reçue fut un refus de la démarche sollicitée, accompagné d’un message destiné au lieutenant-colonel Atangana Avom, lui demandant en substance de dire à ses amis de ne pas s’amuser avec le nom du contre-amiral.
C’est à ce moment que le lieutenant-colonel Atangana Avom m’a expliqué que son ami Jean Ngakam, cadre d’Afriland First Bank, se disait victime de pressions exercées par des individus se présentant comme des collaborateurs du contre-amiral Fouda. Selon ce qui m’a alors été rapporté, ces individus auraient évoqué une interdiction de sortie du territoire concernant Monsieur Ngakam. Je n’étais pas au courant de l’existence de Ngakam, encore moins de ses problèmes.
Cette situation aurait donné lieu à des démarches auprès de la Sécurité militaire (Semil) et du Groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé. Le contre-amiral demandera que Ngakam se rende au groupement territorial de gendarmerie s’il ne se reproche de rien.
À la suite de nouvelles difficultés dont Ngakam faisait état, l’amiral me demandera de faciliter un échange de coordonnées téléphoniques afin qu’ils puissent communiquer directement. À partir de ce moment, je n’ai plus suivi leurs échanges.
Le 6 juin 2024, le lieutenant-colonel Atangana Avom m’a transféré des messages vocaux attribués à Parfait Mbapou, à partir desquels j’ai appris l’existence d’une affaire portant sur une somme de 100 millions de francs CFA, ainsi que l’existence alléguée de comptes bancaires identifiés dans lesquels des fonds auraient été déposés. C’est à ce moment-là que j'ai pris connaissance de cette dimension financière.
Une confession qui mouille bien plus encore le concerné. Joseph Fouda est mal embarqué dans cette affaire qui devient, chaque jour qui passe, plus encombrante pour lui.