Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'analyste Saint Éloi Bidoung a livré une critique cinglante du témoignage du colonel Jean-Pierre Otoulou, 34e témoin dans l'affaire Martinez Zogo. Selon lui, l'officier supérieur aurait puisé des informations graves sur les réseaux sociaux, une pratique qu'il juge « très légère » et qui révèle soit « l'ignorance, soit l'incompétence, soit la mauvaise foi ».
Saint Éloi Bidoung a rapporté un échange troublant entre le colonel Otoulou et le commissaire du gouvernement lors de l'audience. « À la question de savoir qui a tué Martinez Zogo, le colonel Otoulou a répondu qu'il se dit que c'est Jean-Pierre Amougou Belinga. Le commissaire du gouvernement lui a alors demandé : "Qui dit cela ?" Il a répondu que cette information circulait même sur les réseaux sociaux. »
Le commissaire du gouvernement lui a alors fait remarquer : « Mon Colonel, officier de police judiciaire, vous allez puiser des informations aussi graves dans les réseaux sociaux ? » Le colonel Otoulou a ensuite essayé de se justifier en expliquant que c'était Maxime Eko Eko qui lui avait dit.
Une déposition « très légère »
Pour Saint Éloi Bidoung, cette révélation est accablante pour le témoin. « Cela me semble vraiment très léger. Je suis partagé entre l'ignorance, l'incompétence et la mauvaise foi », a-t-il déclaré.
L'analyste a également souligné le moment difficile qu'a traversé le colonel Otoulou lors du contre-interrogatoire mené par les avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, particulièrement Me Tchoungang. « C'est l'un des moments les plus difficiles que le colonel Otoulou ait vécus depuis qu'il comparaît devant les tribunaux », a-t-il ajouté.
Cette critique du témoignage du colonel Otoulou intervient alors que le procès est entré dans une phase cruciale. La défense de Jean-Pierre Amougou Belinga, menée par Me Tchoungang, a réussi à mettre en lumière les failles du témoignage du colonel Otoulou, notamment l'absence de preuves matérielles et le recours à des informations non vérifiées.
Ces révélations pourraient peser dans la suite du procès, alors que le tribunal devra apprécier la valeur probante des témoignages.