Des révélations explosives ont secoué le tribunal militaire de Yaoundé lors des audiences des 24 et 25 novembre dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Selon des informations exclusives de Jeune Afrique, l'ancien maire de Bibey, Stéphane Martin Savom, est au cœur d'accusations graves qui dépassent largement le cadre de cette affaire.
C'est Alain Ekassi, agent des renseignements de 46 ans, qui a lâché la bombe devant une salle médusée. Dans son témoignage rapporté par Jeune Afrique, ce dernier a tracé un portrait glaçant de Savom, l'accusant d'être impliqué dans des affaires de "vol de bébés, de trafics d'ossements humains" et même dans un braquage.
Le témoin est allé plus loin en évoquant une affaire vieille de quinze ans où Savom se serait fait passer pour un lieutenant-colonel et aide de camp du général Ivo Desancio. "Nous avons fait des choses peu orthodoxes par le passé, mais pas dans le sens d'ôter la vie à des gens. Savom, lui, est impliqué dans des affaires bien plus graves", a déclaré Ekassi selon les informations de Jeune Afrique.
Jeune Afrique révèle également que l'oncle de Savom aurait fait des confidences troublantes à Ekassi concernant un possible rôle de son neveu dans la disparition de l'évêque de Bafia, Mgr Benoît Balla. Ce dernier avait été retrouvé mort dans la Sanaga en mai 2017 dans des conditions jamais éclaircies à ce jour.
Ces activités présumées auraient créé des inimitiés profondes, y compris au sein de la propre famille de Savom, selon les informations exclusives rapportées par le magazine panafricain.
L'enquête a révélé, comme l'indique Jeune Afrique, que Stéphane Martin Savom est la dernière personne à avoir échangé avec Martinez Zogo avant son enlèvement. Le rapport d'analyse des appareils électroniques montre qu'il a appelé le journaliste le 17 janvier 2023 à 19h54, quelques heures seulement avant sa disparition.
Plus troublant encore, Jeune Afrique rapporte que Savom aurait recommandé à son ami Ekassi de ne pas reconnaître leur proximité si celui-ci était interrogé par les enquêteurs. Une instruction qui soulève de nombreuses questions sur les motivations de l'ancien maire.
Selon les informations obtenues par Jeune Afrique, même au sein de sa propre famille, Savom susciterait la méfiance. Son oncle, identifié comme "Emini" dans le témoignage, aurait multiplié les confidences compromettantes sur les agissements de son neveu.
Le procès, qui s'est poursuivi le 25 novembre avec d'autres témoignages, a été renvoyé aux 16 et 17 décembre prochains. Ces révélations exclusives de Jeune Afrique jettent une lumière crue sur le parcours obscur d'un homme désormais au centre de l'une des affaires les plus médiatisées du Cameroun.