Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'avocat Thierry Belibi a livré une analyse critique du témoignage du colonel Jean-Pierre Otoulou, 34e témoin dans l'affaire Martinez Zogo. Selon lui, l'officier supérieur, en sa qualité d'officier de police judiciaire, a délibérément orienté l'enquête vers des personnes encore présumées innocentes, ce qui pourrait entraîner la nullité absolue de la procédure.
Thierry Belibi a d'abord rappelé le statut du colonel Otoulou : « Otoulou, qui est un haut gradé de notre gendarmerie, qui occupe de hautes fonctions et qui est donc un officier de police judiciaire, savait pertinemment ce qu'il faisait. Il connaît l'importance d'un procès-verbal d'enquête préliminaire. »
Selon lui, le témoin a délibérément orienté l'enquête vers des personnes qui, jusqu'ici, bénéficient encore de la présomption d'innocence, notamment Jean-Pierre Amougou Belinga et tous les autres accusés. Une pratique contraire aux règles de procédure pénale.
La nullité de la procédure
L'avocat a cité la partie du Code de procédure pénale consacrée à l'enquête préliminaire : « La violation d'une règle de procédure pénale peut entraîner la nullité absolue lorsqu'elle porte atteinte aux droits des personnes accusées, qui sont censées bénéficier d'un procès équitable. »
Il a conclu : « La sanction est donc naturellement la nullité de la procédure. »
Cette sortie de l'avocat Thierry Belibi intervient alors que le procès de l'assassinat de Martinez Zogo est entré dans une phase cruciale. La défense de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui dispose de médias comme Vision 4 pour diffuser sa version des faits, mène une bataille médiatique intense pour tenter de faire annuler la procédure.
Les éléments accablants présentés par le colonel Otoulou – téléphones disparus, témoignages concordants, vidéos de surveillance – pourraient être remis en cause si la nullité de la procédure était prononcée. La suite du procès, prévue les 31 août et 1er septembre, devrait permettre de clarifier ces zones d'ombre.