Affaire Zogo : le plan secret d'Amougou Belinga et Cie pour tout renverser

Maxime Eko Eko Jean Pierre Amougou Belinga Affaire Martinez Zogo Image illustrative

Fri, 7 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Faute de pouvoir, à ce stade, démonter frontalement les charges retenues contre leurs clients, les avocats des principaux accusés du procès Zogo ont choisi une autre ligne de bataille : celle de la régularité même de l'enquête. Une enquête de Jeune Afrique consacrée aux auditions du colonel Jean-Pierre Otoulou, ces 3 et 4 août au tribunal militaire de Yaoundé, documente avec précision cette stratégie de défense fondée sur la contestation des méthodes employées par les enquêteurs.

Selon Jeune Afrique, Me Elisabeth Essono, avocate de l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, a dénoncé le déploiement d'un « escadron mobile » de 200 gendarmes lors de l'interpellation de son client, ainsi que les conditions dans lesquelles s'est déroulée la perquisition au domicile de son épouse, à Yaoundé — perquisition durant laquelle des portes auraient été forcées et des appareils électroniques saisis, y compris, selon l'avocate, des jouets d'enfants. Une accusation à laquelle le colonel Otoulou a répondu, selon l'enquête, en reconnaissant certains choix opérationnels tout en les justifiant par la sensibilité exceptionnelle du dossier.

Des arrestations contestées pour absence de mandat

Jeune Afrique rapporte également les propos de Me Séri Zokou, avocat de Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), qui dénonce un véritable guet-apens : son client aurait été convoqué au Secrétariat d'État à la Défense sous un faux prétexte, avant d'être arrêté sans mandat ni base légale. Un constat similaire est dressé, selon l'enquête, par Me Jacques Mbuny, avocat de Justin Danwe, qui affirme que son client a été interrogé de nuit, sans assistance d'un avocat.

Ce que révèle cette offensive documentée par Jeune Afrique, c'est le pari fait par la défense : plutôt que de contester point par point la matérialité des faits reprochés à leurs clients, les avocats misent sur l'accumulation de vices de procédure susceptibles, à terme, de fragiliser la recevabilité de certains éléments de preuve. Un pari risqué, car s'il peut ouvrir la voie à des recours procéduraux, il ne répond pas directement aux éléments les plus accablants avancés par l'enquêteur, notamment les sommes d'argent et les communications mises en évidence entre les protagonistes.

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