C'est cette réalité que décrit le film d'Aissa Maiga
Il est facile d'oublier que l'eau est une denrée rare dans de nombreuses régions du monde.
Le film documentaire "Marcher sur l'eau" d'Aissa Maiga nous transporte au cœur du village de Tatiste, au nord du Niger, où les habitants mènent une lutte constante pour avoir accès à l'eau dans un environnement sévèrement affecté par le changement climatique.
A travers son film, la réalisatrice explore la question de l'accès à l'eau potable pour les populations rurales d'Afrique, victimes collatérales du réchauffement climatique.
Ce film d'immersion tourné dans la région de l'Azawagh, vaste territoire sableux qui s'étend entre le nord-est du Mali et le sud de l'Algérie, met en lumière la force de vie et la détermination des peuples sahéliens vivant dans des conditions climatiques difficiles.
"C'est un film dans lequel au-delà de la question cruelle du manque d'eau j'ai voulu capter d'abord la dignité des peuples sahéliens et puis leur extraordinaire beauté et leur force de vie incroyable", a souligné la cinéaste.
"La question de l'eau a été présente dans mon imaginaire depuis l'enfance, d'abord parce que j'ai grandi en France. Je suis du Mali et du Sénégal, et j'ai passé mes vacances surtout au Mali quand j'étais enfant, puis adolescente et plus tard adulte ; et je voyais bien combien la question de l'eau mobilise l'énergie, mobilise les forces vives et mobilise du temps pour les personnes".
Son père, un journaliste "très engagé", se souvient-elle, "avait par ailleurs lancé plusieurs projets de pompe à eau qu'il n'a jamais pu mener terme vu avant sa mort en 1983".
Rien d'étonnant à ce que "Marcher sur l'eau" dénonce une réalité rythmée par le manque d'eau.
Le manque d'eau pousse également les adultes à quitter leur famille chaque année pour aller chercher les ressources nécessaires à leur survie.
Pourtant, cette région recouvre dans son sous-sol un lac aquifère. Il suffirait d'un forage pour apporter l'eau - cet or liquide - au village et offrir à tous une vie meilleure.
C'est cette réalité que décrit le film d'Aissa Maiga.
"Ce qui m'a énormément interpellée c'est comment un pays comme le Niger, qui n'est pas un pays pollueur, qui n'est pas un pays qui a une empreinte carbone très important et qui pourtant, est un pays qui prend de plein fouet les effets de la pollution des pays industrialisés, déplore Aissa Maiga.
Quand on lui a proposé de faire le film, Aissa Maiga a failli refuser "car je n'ai pas d'expertise particulière sur ce sujet". Mais après réflexion, "le fait qu'on me propose de réaliser un film qui se passe dans le sahel, d'où je suis originaire, et qui traite d'un sujet aussi important que la question de l'eau, je l'ai prise comme à la fois une chance et une responsabilité".
Prendre ses responsabilités, assumer ses responsabilités et surtout éviter de transférer ses responsabilités à d'autres, c'est bien là l'un des grands enjeux de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) qui s'est ouverte le 31 octobre à Glasgow, d'autant que l'Afrique en tant que faible pollueur risque d'être le continent qui souffrira le plus des effets du changement climatique.