Après l'élimination du Cameroun en quart de finale de la CAN 2025 au Maroc, le journaliste Georges Mbimbe livre une analyse à contre-courant. Loin de regretter l'absence de cadres comme André Onana et Vincent Aboubakar, il estime que leur mise à l'écart a permis à l'équipe de gagner en cohésion collective. Pour lui, le football moderne privilégie l'intensité et le respect du projet tactique aux individualités, aussi prestigieuses soient-elles.
IL FAUT TOURNER LA PAGE....
Oui, le Cameroun a été éliminé en quart de finale de cette CAN au Maroc.
Mais les Lions auraient pu sortir bien avant, et même très tôt, si certains anciens cadres avaient été sur le terrain.
Prenons tout d'abord le cas André Onana.
On a voulu transformer son absence en affaire de personnes, de conflits, pourtant un gardien de but qui veut être meneur de jeu est un danger permanent pour un entraîneur. Sa mission n’est pas d’organiser, ni d’imposer une philosophie personnelle. Sa mission, c’est de ne pas encaisser.
Or sur les dernières sorties avec lui, le Cameroun a pris des buts sur des rencontres décisives .Pire encore , on a parfois l’impression qu’il ne joue pas le projet de jeu du coach , mais son projet de jeu à lui.
Un leader ne tire pas l’équipe vers sa propre lumière, il se fond dans l’ombre du collectif.
Même logique avec Vincent Aboubakar.
Son passé est immense, personne ne l’efface. Mais le football ne se joue pas avec des souvenirs. Dans cette CAN 2025 l’intensité est brutale. Les équipes qui avancent pressent, répètent les efforts, étouffent l’adversaire. Un numéro 9 qui manque de rythme et d’impact devient un poids même involontairement.
Et c’est là que beaucoup se trompent (
le vécu ne gagne pas les matchs, le football moderne c'est pour les jeunes joueurs talentueux).
Ce Cameroun-là, malgré ses limites, a tenu parce qu’il y avait moins d’ego, moins de voix contradictoires, moins de joueurs qui se pensent au-dessus du projet. Certains n’ont pas marqué. Mais ils ont couru, fermé les espaces, respecté les consignes. Voilà le vrai leadership moderne( Mbeumo).
À l’inverse, ces dernières années , André Onana , Vincent Aboubakar et quelques autres absents , donnaient le sentiment profond qu'ils regardent d’abord leur rôle, avant de regarder l’équipe.Hélas, une équipe nationale ne survit pas longtemps à ça.
Parfois, perdre des noms…
c’est gagner une équipe.
Georges Mbimbe Journaliste à #RSI