La question se pose avec insistance : que devient André Onana après son prêt à Trabzonspor en juin prochain ? Le gardien camerounais, dont la valeur marchande est tombée de 52,5 millions d'euros à 12 millions selon Transfermarkt, est sous contrat avec Manchester United jusqu'au 30 juin 2028 — mais selon le journaliste spécialisé Fabrizio Romano, il ne devrait pas retrouver les Red Devils à l'issue de son prêt. Deux anciens du football africain ont livré leur analyse à un média spécialisé : Marc Brys, ex-sélectionneur des Lions Indomptables, et Joseph-Antoine Bell, légende du football camerounais.
Brys : « C'est à mon avis l'un des meilleurs d'Europe à son poste »
L'ancien coach des Lions n'a pas de mots assez forts pour défendre Onana contre ceux qui l'ont chargé lors de ses deux années difficiles à Manchester : « C'est à mon avis un des meilleurs d'Europe à son poste. Il a son style, il a un jeu fait de prises de risques, ce qui peut parfois surprendre ou agacer certains, mais honnêtement, il a beaucoup de qualités. André le prouve en Turquie, dans un des meilleurs championnats. Il n'a peur de rien, il peut réussir n'importe où. »
Les chiffres de Trabzonspor donnent du crédit à cette défense : le club occupe la 3ème place de Süper Lig après 27 journées et possède la 4ème meilleure défense du championnat avec 29 buts encaissés.
Bell : « Lui faire porter le chapeau à Manchester, c'était injuste et faux »
Joseph-Antoine Bell, moins tendre sur d'autres sujets, est ici solidaire d'Onana face à Ruben Amorim, l'ex-entraîneur de Manchester United : « À écouter Amorim et d'autres, c'était uniquement de la faute d'Onana. Il avait évidemment sa part de responsabilité, comme toute l'équipe, mais lui faire porter le chapeau, c'était totalement injuste et faux. »
Sur la question d'un retour à Manchester, Bell est catégorique : « Carrick, si l'actuel titulaire continue de donner satisfaction, ne va pas fragiliser ce dernier en lui mettant Onana en concurrent. À mon avis, même si Onana a peut-être envie de revenir, je ne pense pas que ce soit la meilleure solution pour lui. »
Les deux hommes s'accordent sur une réhabilitation sportive d'Onana en Turquie. Mais Marc Brys n'évite pas le sujet qui fâche : l'absence du gardien en sélection nationale. « Il tient tête à Samuel Eto'o, le président de la fédération, et c'est la raison pour laquelle il n'est plus en équipe nationale », affirme l'ancien sélectionneur. Une explication qui donne une tout autre lecture aux choix de David Pagou pour la FIFA Séries 2026 en Australie.
Pour la suite de sa carrière, deux pistes se dessinent : Trabzonspor souhaite le conserver en transfert permanent, mais le niveau de ses émoluments pourrait constituer un obstacle. L'Italie, où son passage à l'Inter Milan reste dans les mémoires, est présentée comme une destination crédible.