« Après tout le mal fait au Cameroun » : Le père Lado Ludovic réagit à la mort de Clément Atangana

Clement Atangana Et Paul Biya Image illustrative

Sun, 4 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Quelques heures après l'annonce du décès de Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, une réaction d'une rare virulence a émergé sur les réseaux sociaux. Le père Lado Ludovic SJ, prêtre jésuite, a publié un message accusateur à l'encontre du défunt, suscitant de vives réactions.

Alors que le Cameroun apprend la disparition de Clément Atangana, décédé ce dimanche 4 octobre 2026 à l'âge de 85 ans à l'hôpital américain de Paris, une voix dissonante s'est élevée. Le père Lado Ludovic SJ, prêtre jésuite, a publié sur sa page Facebook un message d'une rare dureté à l'endroit du défunt.

« AU SUIVANT !!!! Après tout le mal fait au Cameroun, tu quittes la terre des hommes. Ton sort dépend désormais de la miséricorde de Dieu », a écrit le religieux, accompagnant son propos d'une photographie de Clément Atangana en tenue d'apparat de président du Conseil constitutionnel.

Le message, publié quelques minutes seulement après l'annonce du décès, a immédiatement suscité une vague de réactions. Certains internautes ont salué le courage du prêtre, d'autres ont dénoncé une parole indécente au moment où une famille est en deuil.

Un bilan controversé

Pour comprendre cette sortie, il faut se remémorer le parcours de Clément Atangana. Nommé à la tête du Conseil constitutionnel en 2018, il a présidé au contentieux de l'élection présidentielle de 2018, marquée par la proclamation de la victoire de Paul Biya face à Maurice Kamto. Les audiences retransmises à la télévision, au cours desquelles il prononçait le désormais célèbre « irrecevable », ont durablement associé son nom à la validation des résultats contestés.

Sous sa présidence, le Conseil constitutionnel a également validé la révision constitutionnelle d'avril 2026, qui a introduit le poste de Vice-Président de la République, une réforme dénoncée par une partie de l'opposition comme une dérive monarchique. Ces décisions ont valu à Clément Atangana d'être perçu par certains comme le garant d'une justice aux ordres du pouvoir exécutif.

Au-delà du cas de Clément Atangana, cette réaction pose la question de la place de la parole religieuse dans le débat politique camerounais. Un prêtre jésuite, figure morale respectée, peut-il se permettre de juger publiquement un défunt quelques heures à peine après sa mort ? La question divise.

Pour certains, le père Lado Ludovic a exprimé ce que beaucoup pensent tout bas, dans un pays où les institutions sont régulièrement accusées d'être au service du pouvoir. Pour d'autres, il a franchi une ligne rouge en manquant de charité chrétienne et en oubliant que seul Dieu juge.

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