Près de trois ans après l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, l’affaire continue de secouer le Cameroun. Cette fois, c’est Fridolin Nke, enseignant de philosophie à l’Université de Yaoundé I et figure médiatique connue pour ses prises de position tranchantes, qui relance le débat. Dans une publication virale sur Facebook, il a exigé l’arrestation immédiate du Secrétaire d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie (SED), le général Galax Etoga, ainsi que le limogeage et l’audition du Secrétaire Général de la Présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh.
Une double exigence qui fait trembler les sphères du pouvoir
Fridolin Nke, qui se présente comme un « néo-soutien » du chef de l’État, n’a pas hésité à pointer du doigt deux des personnalités les plus influentes du régime. « Assassinat de Martinez Zogo : 1- Le SED, Galax Etoga doit être arrêté. 2- F. Ngoh Ngoh doit être débarqué de son poste de SGPR et entendu ! », a-t-il écrit sans détour sur sa page Facebook, un espace qu’il utilise régulièrement pour interpeller les autorités.
Cette sortie publique ajoute une pression supplémentaire sur une enquête déjà sous haute tension. Depuis la découverte du corps sans vie de Martinez Zogo, le 22 janvier 2023, les suspicions de complicité ou de couverture au plus haut niveau de l’État n’ont cessé de grandir. Les noms de Galax Etoga et Ferdinand Ngoh Ngoh reviennent régulièrement dans les débats, souvent évoqués comme des figures clés d’un système où l’impunité et les zones d’ombre persistent.
Pourquoi ces deux personnalités sont-elles dans la ligne de mire ?
Le général Galax Etoga (SED) : En tant que responsable de la Gendarmerie, il est au cœur des interrogations sur l’efficacité – ou l’absence d’efficacité – des investigations. Certains observateurs estiment que des pressions auraient pu être exercées pour étouffer des pistes ou protéger des personnalités impliquées.
Ferdinand Ngoh Ngoh (SGPR) : Son nom est souvent associé aux décisions politiques sensibles et aux réseaux d’influence au sommet de l’État. Des rumeurs persistantes l’associent à des tentatives de manipulation ou de blocage de l’enquête, bien qu’aucune preuve formelle n’ait été rendue publique à ce jour.
Fridolin Nke, en exigeant leur mise en cause directe, alimente les spéculations sur un éventuel cover-up au plus haut niveau. « Si ces personnalités ne sont pas impliquées, qu’elles se soumettent à la justice pour lever tout doute », semblent dire ses partisans.
L’assassinat de Martinez Zogo reste un symbole des dérives d’un système où la vérité peine à émerger. Journaliste d’investigation, Zogo avait dénoncé à plusieurs reprises des cas de corruption et des abus de pouvoir, avant de payer de sa vie son engagement pour la vérité.
Les appels de Fridolin Nke résonnent comme un écho aux frustrations d’une opinion publique lasse des lenteurs judiciaires et des non-dits. « Trois ans après, où en est-on ? Qui a vraiment intérêt à ce que cette affaire ne soit pas élucidée ? », s’interrogent de nombreux Camerounais.
Pour l’instant, ni le SED ni le SGPR n’ont réagi publiquement à ces accusations. Cependant, la pression médiatique et citoyenne pourrait obliger les autorités à accélérer les investigations ou, à tout le moins, à apporter des clarifications sur le rôle de ces hauts responsables.