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Arrestation de Ngoh Ngoh : fuite de nouvelles révélations dans la presse internationale

MASQUE NGOH.jpeg Ferdinand Ngoh Ngoh

Thu, 24 Nov 2022 Source: www.camerounweb.com

Jeune Afrique revient sur le scandale de Covid Gate qui secoue la République depuis plusieurs mois avec les allégations de détournement de fonds liés à la gestion de la pandémie. Entre temps, le Secrétaire générale de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh était au cœur des intrigues et son arrestation avait été programmée puis avortée. Le Magazine livre d’autres révélation notamment comment les informations ont fuité dans la presse et le rôle de Paul Biya.

« L’affaire en elle-même a éclaté en mars 2021, quand la chambre des comptes de la Cour suprême a adressé son rapport d’étape au ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, et que ce dernier a informé le président Paul Biya. Mais il faut attendre la fuite dudit rapport dans la presse, le 16 novembre, soit plusieurs mois après, pour que les dysfonctionnements relevés dans la gestion des fonds Covid soient étalés au grand jour.La chambre des comptes pointe l’application de prix supérieurs à ceux du marché, la non-exécution de certains travaux pourtant facturés et payés, la commande de médicaments en violation du protocole prescrit par le comité scientifique, la non prise en charge de différents équipements commandés, compromettant leur livraison ou leur destination finale, ainsi que le détournement de certaines lettres de commande. Assez pour déclencher un procès à grand spectacle, d’autant que les sommes en jeu sont colossales : le décret signé au mois de juillet 2020 avait débloqué un budget de 180 milliards de F CFA (274 millions d’euros), lesquels avaient été logés sur un compte d’affectation spécial (CAS-Covid) ouvert au Trésor public », a rappelé Jeune Afrique.

« Pourtant, la procédure est au point mort. En conséquence, tous les regards se tournent vers le palais d’Etoudi. « Ces blocages sont dus à une dépendance excessive de la justice à la présidence », estime une source judiciaire. C’est d’ailleurs une règle non écrite au Cameroun : les magistrats et leurs auxiliaires ne peuvent auditionner des membres du gouvernement qu’après autorisation expresse du président de la République. Tant que les ministres sont en fonction, ils sont hors d’atteinte. C’est l’une des raisons pour lesquelles un remaniement ministériel est attendu depuis des mois : ce mouvement est censé « libérer » les ministres impliqués pour, éventuellement, les mettre à la disposition de la justice. Sauf que, chez Paul Biya, le temps politique correspond rarement au temps judiciaire. « Le président remanie son gouvernement si et seulement si, au bout du compte, il entrevoit un bénéfice politique », persifle un opposant.Serait-ce excessif que de l’affirmer ? Si le mandat d’amener émis contre Ngoh Ngoh a été levé, c’est sur ordre direct du chef de l’État, lequel s’est au préalable entretenu avec son collaborateur et a choisi de lui renouveler sa confiance. Dès lors, le secrétaire général n’avait plus de raison de se plier à la convocation des juges. Ses proches, eux, ont expliqué son refus de se présenter par le fait qu’il n’y a pas, selon eux, « d’éléments justifiant qu’il soit auditionné dans le cadre de cette procédure » et ont vu dans la demande du parquet du TCS « une volonté d’humilier » le puissant secrétaire général », précise Jeune Afrique dans son article.

Source: www.camerounweb.com