Il était devenu nécessaire de quitter le pays
« (…) La situation se tend donc après 2022, lorsque Modeste Mopa Fatoing entreprend de renforcer les procédures de recouvrement et laisse entrevoir un durcissement de l’action fiscale. Jusqu’à ce que, confronté à l’inertie de sa hiérarchie et aux pressions, il change de stratégie et opte pour l’arme médiatique », révélation de Jeune Afrique, qui parle de l’implication de l’ancien directeur général des impôts dans l’assassinat de Martinez Zogo.
Jeune Afrique poursuit en affirmant que « selon nos informations, c’est en concertation avec son protecteur au sein du sérail, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République, que Mopa commence à transmettre des documents confidentiels à Martinez Zogo, lui aussi très lié à Ngoh Ngoh. Figure du paysage médiatique camerounais et personnalité controversée, il sort de prison, le journaliste d’Amplitude FM est animé par un fort désir de revanche. Il s’est lancé dans une croisade contre ceux qu’il qualifie de mafieux, Jean-Pierre Amougou Belinga et Louis Paul Motaze, le ministre des Finances ».
Ainsi rappelle le journal l’Indépendant, dans sa parution n°1051, Martinez Zogo accuse alors publiquement ces deux hommes de l’avoir fait incarcérer. Son alliance avec Mopa lui fournit des munitions de premier choix. « Les éléments clés qu’il détenait contre Amougou Belinga venaient directement de la Direction générale des impôts (DGI », confirme une source.
Sur les ondes d’Amplitude FM, lit-on sur le média susmentionné, les révélations se succèdent. L’opinion découvre l’ampleur de la fraude présumée. Le scandale enfle. En novembre 2022, le ministre des Finances, pourtant autorité de tutelle de Mopa, prend fait et cause pour Amougou Belinga. Louis Paul Motaze publie une note ministérielle qui, de facto, désavoue son directeur général des impôts. Sur décision du ministre des Finances, le groupe l’Anecdote bénéficie d’un moratoire exceptionnel, qui ramène sa créance fiscale de 10,8 milliards à seulement 1,9 milliard de francs CFA.
Il s’agit là d’une remise de plus de 80 %, dans laquelle de nombreux observateurs voient un sauvetage politique d’Amougou Belinga. Mais Martinez Zogo ne lâche rien et poursuit ses diatribes contre le système (…). C’est le 17 janvier 2023 que Martinez Zogo disparaît.
« Son corps mutilé est retrouvé quatre jours plus tard, dans la périphérie de Yaoundé. Alerté, par un contact, des menaces qui pèsent sur sa propre vie, Modeste Mopa Fatoing est désormais convaincu que le réseau qu’il affronte est capable de tout. Pour lui, il est temps de quitter le pays. Le 25 janvier 2023, une correspondance confidentielle signée de Ferdinand Ngoh Ngoh, est adressée à Séraphin Magloire Fouda, secrétaire général des services du Premier ministre. Le document fait état de l’accord de Paul Biya pour que Modeste Mopa Fatoing retourne au Fonds monétaire international (FMI), où il avait travaillé par le passé. Le lendemain, Mopa quitte nuitamment le Cameroun pour, officiellement, une mission de trois mois aux États-Unis. Mais celle-ci a tout d’une mesure de protection et d’une exfiltration discrète. Depuis cette date, Modeste Mopa Fatoing n’a pas remis les pieds au pays », écrit en outre Jeune Afrique.