Assassinat de Martinez Zogo : des messages supprimés par Amougou Belinga dans son téléphone retrouvés

Tribunal Cmr Enquête poussée

Tue, 2 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Une piste mène enfin à la vérité dans l’affaire Martinez Zogo. Dans cet assassinat odieux du journaliste, « il faut faire attention à la manipulation de l'opinion », prévient Paul Chouta. Le lanceur d’alerte fait savoir que ceux qui cherchent à manipuler l'opinion dans le procès de l'assassinat de Martinez Zogo doivent savoir que quelque temps avant le drame, une affaire liée au fisc opposait déjà le clan Motaze au clan Ferdinand Ngoh Ngoh.

En fait, l’opinion publique doit se rappeler des faits suivants : Martinez Zogo a été assassiné alors qu'il exposait les pilleurs des lignes 94 et 65 du budget de l'État. Aussi, il dénonçait notamment Jean-Pierre Amougou Belinga, mais également d'autres personnalités dont le général Ivo Desancio Yenwo (DSP), ainsi que des ministres comme Louis Paul Motaze, proche parent du commissaire Maxime Eko Eko de la DGRE et Laurent Esso, dont les liens particulièrement solides et mystérieux avec Amougou Belinga sont publiquement assumés.

Par ailleurs, Belinga et ses puissants soutiens au gouvernement avaient fait incarcérer à la prison centrale de Kondengui madame Biyina (très proche de Ferdinand Ngoh Ngoh et mère des deux enfants de Jean Claude Ayem Moger, ami de Ngoh Ngoh, ainsi que d'autres fonctionnaires des impôts. Ces derniers avaient finalement été libérés de façon rocambolesque et démonstrative par d'autres personnalités très puissantes du régime, situées alors du côté de la présidence de la République.

Modeste Mopa Fatoing, ex-DG des impôts, était soupçonné d'être celui qui, au ministère des Finances, ravitaillait Martinez Zogo, pour le compte du clan Ferdinand Ngoh Ngoh, en dossiers accablants contre le clan Amougou Belinga, Motaze, Laurent Esso et le général Ivo Desancio Yenwo. Mopa a été « exfiltré » par la présidence de la République, où trône Ferdinand Ngoh Ngoh, pour rejoindre très opportunément le FMI, alors qu'il était en guerre ouverte avec son ministre de tutelle, Louis Paul Motaze.

Au vu de ce qui précède, l'enquête sur cet assassinat horrible ne peut être correctement menée si l'on ne prend pas en compte le mobile principal du crime : étouffer la mafia d'État liée aux détournements compulsifs sur les lignes 94 et 65. Derrière ce mobile principal se cache une lutte à mort entre deux clans mafieux pour le contrôle du pouvoir après Paul Biya : le clan de Ferdinand Ngoh Ngoh, Modeste Mopa, etc. et le clan de Jean-Pierre Amougou Belinga, Louis Paul Motaze, Laurent Esso, du Général Ivo Desancio Yenwo, de Maxime Eko Eko, de Bruno Bidjang, etc.

On peut constater, selon le Pr Bell Bitjocka, expert informatique, que Jean-Pierre Amougou Belinga a échangé avec plusieurs personnes à propos des lignes 94 et 65. Pourtant, on regrette que personne ne veuille évoquer le double motif de l'assassinat de Martinez Zogo qui était effectivement lié 1 aux lignes 94 et 65.

Le même expert informatique a profondément insisté hier sur le fait que durant la période de planification et d’assassinat de Martinez Zogo, toute la panoplie de messages entre Amougou Belinga et Justin Danwe ont été supprimés et que le trafic montrait un flux important de communications d’appels entre les deux ; ce qui n’était pas le cas durant d’autres périodes. Il a également ajouté qu’il n’a eu accès qu’à deux téléphones d’Amougou Belinga sur les 11 dont il disposait. Donc il a caché neuf qu’on ne trouve pas jusqu’ici. L’expert a par la suite souligné qu’Amougou Belinga a formaté l’un des téléphones auxquels il a eu accès et que ce téléphone était inexploitable. On a aussi retenu de l’exposé du Pr Bitjocka que le zomloa des zomloa a désactivé un de ses comptes WhatsApp et que c’est à travers l’exploitation du téléphone de sa secrétaire qu’il a été possible d’identifier certains éléments liés à son compte.

Fait inhabituel, Amougou Belinga et Justin Danwe se sont rencontrés physiquement à plusieurs reprises pendant la planification de l’assassinat et après l’assassinat. L’expert a également tenu à signaler qu’il y a eu des échanges téléphoniques entre Modeste Mopa et Justin Danwe et que Danwe a supprimé des conversations allant d’août à octobre 2022 entre Mopa et lui.

Pourquoi avoir supprimé les conversations si on n’a rien à cacher ou à se reprocher ? Pourquoi avoir formaté le téléphone, dissimulé les autres, désactivé son WhatsApp, etc. si on n’est pas impliqué dans l’affaire ?

Une hypothèse clé. Est-il possible que Justin Danwe en complicité avec son ami Martin Savom, dont l’épouse travaille à la DGRE ait accepté la commande de la torture de Martinez Zogo auprès d'Amougou Belinga, pour ensuite trahir ce dernier au profit du clan Ferdinand Ngoh Ngoh ? Ce second clan aurait ainsi infiltré ou utilisé la commande initiale de « leçon à administrer » (ordonnée par le zomloa) pour transformer l'opération en assassinat. Le plan aurait été machiavélique : sachant qu'aux yeux de l'opinion publique, si un malheur arrivait à Martinez Zogo, le clan Amougou Belinga, Motaze, Esso, Ivo, Bidjang et Eko Eko serait immédiatement pointé du doigt.

Danwe et Savom auraient donc agi en agent double : ils auraient accepté l'argent d'Amougou Belinga pour une « correction » avant d'aller vendre l'opération au clan adverse dans le but de crucifier le clan du zomloa. Ce dernier aurait alors été piégé par son propre exécutant. Cependant, même si cette hypothèse se confirmait, Amougou Belinga, qui aurait payé Danwe pour une « petite correction », ne devrait en aucun cas se tirer d'affaire. Ne serait-ce qu'en invoquant l'article 97 du Code pénal sur la complicité.

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