La Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) est impliquée dans le crime attribué aux détracteurs de Martinez Zogo. Mais comment, explication détaillée de Yves Romuald.
L'audience du 10 mars dernier au tribunal militaire de Yaoundé a consisté en l'audition de trois personnels en service à la DGRE, au moment de l'assassinat crapuleux de Martinez Zogo par le commando de Justin Danwe, l'alors directeur des opérations de la DGRE. Et de ces auditions, il ressort indubitablement que malgré l'argent remis par Amougou Belinga à Justin Danwe pour "faire taire" Martinez Zogo, l'infortuné était la cible désignée de l'opération de correction des journalistes menée par la DGRE de Léopold Maxime Eko Eko. Contrairement à la thèse selon laquelle l'assassinat crapuleux de Martinez Zogo était une opération hors service de la DGRE.
Premier des trois témoins à passer à la barre, le Colonel Amengle, directeur de la recherche à la DGRE au moment de ces faits macabres, a déclaré sans ambages qu'il n'avait pas connaissance de la fameuse note de service prise par Léopold Maxime Eko Eko en date du 12 novembre 2021, note plaçant la direction des opérations de Justin Danwe sous la coordination de James Elong Lobé, conseiller technique n°1 du DGRE Léopold Maxime Eko Eko.
Eu égard à la haute position du Colonel Amengle dans l'organigramme de la DGRE, la traduction des faits est que cette note de service n'a jamais eu d'effectivité. Et si cette note de service n'a jamais eu d'effectivité, c'est que quelqu'un a eu l'ingénieuse idée de la fabriquer et la mettre à contribution pour faire croire que l'assassinat crapuleux de Martinez Zogo n'est pas une opération de la DGRE, l'opération de correction du journaliste Martinez Zogo. À ce stade de développement, il n'est pas superflu de rappeler que les audiences antérieures ont permis d'établir que la DGRE a entre autres missions la charge de mener des "opérations de correction des journalistes".
À son tour de déposer devant le tribunal, le Commissaire principal de police Daniel Zibi, à l'époque chef du centre de situation à la DGRE depuis l'année 2016, a exprimé clairement avoir été surpris d'apprendre que des blocs-notes et le dossier Martinez Zogo avaient disparu de la base de données et des archives de la DGRE, au lendemain de la découverte de la dépouille de Martinez Zogo.
En français facile, le CPP Daniel Zibi informe le tribunal de ce que le journaliste Martinez Zogo était bel et bien une cible des opérations de correction des journalistes menées par la DGRE. Contrairement au narratif visant à faire croire que l'assassinat crapuleux de Martinez Zogo par le commando de Justin Danwe était une opération hors service de la DGRE. Faire disparaître les susdits blocs-notes et le dossier Martinez Zogo n'avait donc pour seul et unique intérêt que de détruire les preuves flagrantes de l'implication de la DGRE de Léopold Maxime Eko Eko dans l'assassinat crapuleux du journaliste Martinez Zogo.
Le troisième et dernier témoin auditionné ce jour était Alain Thomas Dima Bodo, Informaticien rattaché au cabinet du DGRE Léopold Maxime Eko Eko depuis l'année 2012. Son témoignage est sans aucun doute des plus accablants pour Léopold Maxime Eko Eko et la DGRE. Et pour cause, dans une correspondance adressée au chef de l'Inspection des services de la DGRE en date du 25 juillet 2024 , et ayant pour objet "Mon implication dans la sécurisation des informations de l'affaire Martinez Zogo", Alain Thomas Dima Bodo déclare avoir reçu dans le cours de l'année 2023 une équipe de sécurité du DGRE Léopold Maxime Eko Eko conduite par le Lieutenant Bichara Boukar, lui assignant de la part de Léopold Maxime Eko Eko la tâche de convertir et de supprimer des fichiers audio et vidéo contenus dans une clé USB à lui remise.
Après s'être acquitté de cette tâche, Alain Thomas Dima Bodo a remis ladite clé USB au Lieutenant Bichara Boukar. Outre cette correspondance à charge pour l'alors DGRE Léopold Maxime Eko Eko, l'avocat de la DGRE a produit un procès-verbal d'audition [à authentifier] du témoin Alain Thomas Dima Bodo par le Service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale. Procès-verbal aux termes duquel Alain Thomas Dima Bodo fait des révélations sur la suppression – par ses soins – de fichiers audio et vidéo de surveillance, en rapport avec l'assassinat du journaliste Martinez Zogo par la DGRE de Léopold Maxime Eko Eko.
La session des 30 et 31 mars prochains permettra de pousser plus en avant l'audition du témoin Alain Thomas Dima Bodo. Audition plus que cruciale pour la manifestation de la vérité si chère au DGRE Léopold Maxime Eko Eko.