Sept heures pour parcourir 230 kilomètres. Jeune Afrique a constaté, le vendredi 2 octobre, des bouchons s’étirant sur 25 km : des passagers partis de Yaoundé à 8 heures n’avaient toujours pas atteint l’entrée de Douala sept heures plus tard, alors que le trajet pourrait se faire en quatre heures dans des conditions normales. Le magazine décrit une route jonchée de nids-de-poule, avec cardans arrachés et roues déboîtées sur le bas-côté.
Selon Jeune Afrique, cet axe supporte plus de 70 % du trafic de marchandises du pays, avec un trafic journalier compris entre 6 000 et 12 000 véhicules, dont près de 40 % de poids lourds.
Le magazine détaille les annonces du gouvernement. Le 2 octobre, un décret autorisant le ministre de l’Économie à obtenir un crédit de 347,5 millions d’euros, soit environ 228 milliards de F CFA, pour le corridor Douala-Bangui a été rendu public. Il s’agit d’une tranche du programme de 1,12 milliard de dollars approuvé en juin par la Banque mondiale. Six jours plus tard, un appel d’offres international a été lancé pour reconstruire les 167 km entre Yaoundé et Édéa, répartis en trois lots, avec une livraison attendue autour de 2029.
Jeune Afrique précise que le projet prévoit de rectifier les virages, de numériser les postes de pesage et de transformer 45 km en deux fois deux voies. Pour les 51 km entre Douala et Édéa, où se concentrent les principaux engorgements, le financement reste à trouver auprès des partenaires.
Le magazine rappelle aussi des chantiers restés en suspens. Selon lui, l’autoroute censée remplacer la route actuelle a été lancée en 2014 : après 60 km entre Yaoundé et Bibodi, la deuxième phase n’a repris qu’au début de cette année, après une longue interruption faute de financement, puis une quinzaine de kilomètres de forêt ont été ouverts avant un nouvel arrêt. À l’entrée de Douala, un chantier censé être livré pour la CAN 2019 n’est toujours pas terminé.
Jeune Afrique indique enfin que l’entreprise chinoise CFHEC a remporté un marché d’entretien de 236 km pour 4,97 milliards de F CFA. Le ministère des Travaux publics a prévenu qu’il s’agissait de réparations provisoires, pour tenir jusqu’à la prochaine saison sèche.