Avant son entrée au gouvernement de Paul Biya, Cabral Lbii sacrifie un cadre de son parti

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Wed, 21 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Coup de tonnerre au sein du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN). Sylvain Moïse Tjock, maire d'Eseka dans le département du Nyong-et-Kelle (région du Centre), vient d'être suspendu de toutes ses activités au sein du parti pour une durée de six mois. Cette sanction disciplinaire, prononcée par le Comité d'éthique et de surveillance du Comité directeur national, fait suite à de graves accusations portées contre l'édile.

Selon la décision rendue publique, Sylvain Moïse Tjock est reconnu coupable de "graves manquements au comportement attendu des militants et sympathisants, et à l'éthique de fonction opposable aux cadres du PCRN".

Mais les griefs ne s'arrêtent pas là. Le maire d'Eseka est également accusé d'avoir détourné des sommes d'argent qui lui avaient été confiées par des militants du parti. Selon le document consulté, Monsieur Tjock aurait reçu personnellement et de manière irrégulière des mandats représentant des montants importants de la part de Dame Ngo Nsonga Geneviève Solange, épouse Lingock, et de Monsieur Lingock Joseph Désiré.

Les montants en cause s'élèvent respectivement à 1 018 000 FCFA et 1 019 600 FCFA, soit un total de 2 037 600 XAF (deux millions trente-sept mille six cent francs CFA), que l'édile aurait conservés sans justification valable.

C'est à la suite d'une plainte déposée par les époux Lingock (Lingock Joseph Désiré et Dame Ngo Nsonga Geneviève Solange) que le Comité d'éthique et de surveillance a été saisi. Agissant solidairement dans le conflit qui les oppose à Sylvain Moïse Tjock, les plaignants ont demandé et obtenu que leur requête soit jugée recevable.

Le comité a non seulement reconnu la culpabilité de l'édile, mais a également ordonné qu'il soit libéré de la discipline du parti en vue d'obtenir, par toutes voies de droit, le paiement de la totalité des indemnités, gratifications et réparations légales dues éventuellement par le maire.

En application des dispositions de l'article 103 du Règlement intérieur et de l'article 23(1) des Statuts du PCRN, Sylvain Moïse Tjock est temporairement exclu des rangs du parti pour une durée de six mois calendaires, renouvelable automatiquement tant que la dette contractée n'est pas totalement apurée.

Cette sanction, qui court jusqu'à l'apurement total de la dette, constitue un coup dur pour l'édile d'Eseka, qui se voit ainsi privé de toute activité politique au sein de sa formation pendant une période cruciale.

Le Comité d'éthique a également fait droit à la demande des époux Lingock concernant les réparations financières. Ces dernières couvrent la période budgétaire allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2023, ce qui laisse supposer que les détournements présumés se sont étalés sur plusieurs années.

Cette affaire soulève plusieurs questions sur la gestion des fonds au sein des formations politiques et sur les mécanismes de contrôle interne. Elle met également en lumière les tensions qui peuvent exister entre militants et responsables locaux lorsque des questions financières sont en jeu.

Pour l'heure, Sylvain Moïse Tjock n'a pas encore réagi publiquement à cette sanction. Reste à savoir s'il contestera cette décision devant les instances compétentes ou s'il s'exécutera en réglant les sommes réclamées pour lever sa suspension.

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