« Soit on les libère, soit ils se libèrent eux-mêmes ! » C'est le cri d'alarme qui résonne derrière les murs de la prison centrale de Kondengui. Depuis le décès en détention de Souleymane Tobi, arrêté abusivement et torturé, et face à la corruption systémique qui gangrène les commissariats et les tribunaux, les détenus politiques qualifiés de « Tchiromistes » n'ont plus l'intention d'attendre. Hier, le nommé T. Moussa s'est évadé alors qu'il se trouvait au tribunal. Sa mère, qui n'avait pu verser qu'un million de francs sur les deux millions exigés par le commissaire du gouvernement pour libérer ses quatre enfants, a dû faire un choix : trois de ses fils sont libres, le quatrième est resté derrière les barreaux. Cette évasion illustre la crise profonde d'un système judiciaire où des « comptoirs de la crise post-électorale » se seraient installés, avec des tarifs fixés lors des audiences. Alors que les renvois fantaisistes se multiplient et que les gardiens de prison ironisent sur des « pouvoirs mystiques », plusieurs détenus ont déjà pris la tangente. Et le phénomène pourrait bien s'amplifier.
BREAKING NEWS : Évasion à la prison de Kondengui
Depuis le décès de Souleymane Tobi — arrêté abusivement, torturé, jeté en cellule et mort en détention —, et face aux lenteurs judiciaires ainsi qu'à la corruption systémique qui gangrène les commissariats et les brigades, les Tchiromistes de la prison centrale de Kondengui n'ont plus l'intention de passer leurs nuits au milieu des moustiques et des toxicomanes, couchés à même le sol.
C'est désormais le sauve-qui-peut : soit on les libère, soit ils se libèrent eux-mêmes !
Hier, alors qu'une dizaine de Tchiromistes se trouvaient au tribunal, le nommé T. Moussa s'est évadé. Sa mère, dont les quatre enfants avaient été interpellés, n'avait pu verser qu'un million de francs sur les deux millions exigés par le commissaire du gouvernement pour leur libération générale. En s'enfuyant, T. Moussa a rejoint deux de ses frères, déjà libérés grâce à ce premier million versé par leur mère, mais il a dû laisser le quatrième derrière les barreaux. Il faut rappeler que si leur mère avait pu rassembler les deux millions réclamés par le juge d'instruction — à raison de 500 000 francs par enfant —, tous les quatre seraient libres aujourd'hui.
Cela pose le problème crucial de la chaîne de corruption qui s'est mise en place autour de l'arrestation de milliers de jeunes innocents. Certains ont été relâchés directement dans les commissariats et les brigades après le passage à la caisse de leurs parents. D'autres l'ont été au niveau des tribunaux, principalement devant le tribunal militaire, après avoir corrompu les juges. Les tarifs étaient d'ailleurs fixés lors des audiences : les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements de police s'en sont donné à cœur joie, tout comme les brigades, les groupements, les compagnies et les légions de gendarmerie. Devant la panique des parents, les magistrats ont littéralement créé des « comptoirs de la crise post-électorale ». La stratégie est limpide : on arrête en masse pour soutirer un maximum d'argent.
Ceux qui n'ont pas les moyens de payer ont donc décidé de prendre la tangente par d'autres voies. Ils s'évadent. On en compte déjà une dizaine. Et avec la multiplication des renvois fantaisistes, ce nombre risque d'augmenter... Quant aux gardiens de prison, ils ironisent en prétendant que les Tchiromistes s'évadent grâce à des pouvoirs mystiques (« les écorces »).
À venir prochainement : La liste des magistrats, commissariats, commissaires, brigades, gendarmes, ainsi que des unités régionales et départementales qui ont profité de la crise post-électorale pour se remplir les poches !