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Bamenda : un meurtre qui interpelle l’armée

Thu, 14 Jan 2021 Source: La Nouvelle Expression N°5385

Shomsang Macubell Tinshuh, 18 ans environ, avait été interpellé le mercredi 2 septembre 2020 vers 17 heures par les militaires devant l’hôtel Ayaba. Son corps avait été découvert dans la rue le lendemain. La Nouvelle Expression rappelle ce cas qui reste aux oubliettes, au moment le cas de Muyuka fait polémique.

La scène se déroule à Ayaba Street, la rue qui passe devant l’Hôtel Ayaba sous notre regard et celle de certaines hautes personnalités sécuritaires de la région. Shomsang Macubell Tinshuh aujourd’hui de regrettée mémoire, avait été pris manu militari en compagnie de quatre autre garçons par une patrouille de militaire venant de Bafut, leur base. Ces jeunes avaient été conduits d’abord à l’intérieur de la clôture de l’hôtel.

Après leur interrogatoire musclé par les militaires, quatre autres sont relaxés, sauf le défunt, que l’on soupçonnait d’être un séparatiste. Nous allions apprendre plus tard que l’interpellation de Shomsang Macubell Tinshuh avait été faite après une information venant d’un ex-séparatiste. D’après cet ex-combattant, Shomsang Tinshuh allias «Small Peper» (Petit Piment), «c’est un combattant avec qui on a travaillé et mené des opérations contre le gouvernement et l’armée» avait-il raconté aux militaires.

Cependant, quelques minutes après son interpellation, un groupe de trois individus s’étaient présentés devant l’hôtel Ayaba pour avoir des nouvelles du garçon interpellé puis emmené par les soldats. Ces personnes venues aux nouvelles étaient des gens connus dans la ville de Bamenda. L’un nommé Sinclair, originaire de l’ouest, disait qu’il était le patron du garçon emmené par les militaires et même de ceux relaxés. «Je suis avec ce garçon depuis quatre ans», avait-il déclaré.

Et d’ajouter «j’ai envoyé ces enfants au chantier chez Severin qui est ici avec moi ; je ne pense pas que c’est un Amba», racontait-il au vigile et à un soldat placé à l’entrée de l’hôtel, et à nous qui étions sur place. Quelques heures après, un autre proche de ce dernier est arrivé devant Ayaba où nous étions, et avait dit que «c’est sûrement une erreur ; ce garçon n’a jamais été un combattant». Mais hélas, les militaires qui avaient pris le petit était déjà partis avec lui. Un observateur de la scène aurait même dit aux proches du garçon que c’était pour les enquêtes.

«J’ai même dis à ces proches-là de ne pas s’inquiéter, car l’enquête va sûrement établir si c’est un combattant où pas», racontait ce dernier. «À ma grande surprise, la famille m’appelle ce jeudi matin pour (ne dire qu’il ont vu le corps de cet enfant ce matin à mile 7, sur la route qui mène vers le camp des militaires qui ont interpellé l’enfant. C’est très triste l’exécution de cet enfant ; ce dernier avait été tué par balles, sans enquête comme je pensais», regrettait Observateur attristé.

«Ce matin, je suis revenu à Ayaba voir un militaire qui a promis nous emmener au camp militaire où selon lui, l’enfant a été conduit ; chemin faisant, nous avons trouvé un attroupement au lieu-dit mile 7 ; les gens rassemblés regardaient un cadavre qui gisait au sol ; nous nous sommes rapprochés et à notre grande surprise, c’était le corps de Shomsang Macubell Tinshuh», témoignait Sinclair, le patron du jeune garçon.

«C’est incroyable!», s’était-il exclamé, désemparé. Que s’était-il réellement passé? Le suspect a-t-il été libéré ? Si oui, à qui ces militaires avaient remis le suspect retrouvé mort, criblé de balles ? Tant de questions qui avaient suscité colère et indignation auprès de ceux qui avaient assisté à la scène.

Source: La Nouvelle Expression N°5385

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