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Barrage de Nachtigal : près de 75 millions extorqués chaque mois aux recrues

Nachtigal 2021 Cameroun Près de 75 millions extorqués chaque mois aux recrues

Mon, 21 Jun 2021 Source: Essingan N°496

Un mouvement d'humeur a secoué le site de construction du barrage de Nachtigal non loin de Batchenga, dont l'entrée est située dans le département de la Hasse-Sabaga au cœur du Centre. Enclenché le mercredi 03 février 2021 avec en toile de fonds, des soupçons de détournement d'une partie du salaire de près de 15000 personnes par ceux qui leur ont offert la possibilité d'emplois, le mouvement a conduit à des semaines d'arrêt complet du travail sur le chantier. Des sources autorisées, le recruteur avait proposé lors de l'enrôlent des employés qu'il lui soit reversé une somme qui pouvait aller jusqu'à 50 000 F CFA par mois et par employé.

Ceci ayant été validé de manière informelle par les parties, le recruteur s'est taillé la part du lion. Se faisant celui qui paie les employés qu'il aura lui-même enrôlés. Lorsqu'on évalue à environ 1500, le nombre de recrues concernées par cette ruse. Et qui, ayant constaté des coupes sombres dans les salaires, sont entrées en grève. La somme engrangée par le recruteur est de l'ordre de centaines de millions chaque mois. Pour dénoncer le deal qu'ils jugent mal négocié, les employés allaient donc entamer un arrêt. Motif principal, l'augmentation des salaires à hauteur de 65%. Mais l'affaire allait s'épaissir de confusion qualifiée de cafouillage par certains avec la version de la CCN. En effet depuis fin novembre 2020, un nouveau dispositif électronique de contrôle des présences sur le chantier a été installé. Mais très vite, ce système de pointage électronique a révélé de graves défailles.

Confusion et cafouillage

C'est ainsi que les employés se retrouvaient à toucher des enveloppes "nettement insignifiantes comparées aux heures réelles de travail effectuées. Bien plus, les ouvriers du site du barrage en construction de Nachtigal, auront estimé que les sous-traitants de l'entreprise ne respectaient pas les contrats. Les équipes auront également déploré la qualité de la restauration, les pressions au travail, entre autres. Pour ce début de ce qui allait être une grève plus importante dans les jours et les semaines suivants, des autorités administratives et sécuritaires du département de la Haute-Sanaga vont descendre sur le terrain pour tenter de nouer les fils du dialogue. Les employés vont alors dresser une liste plus soutenue de revendications débouchant sur une indemnité de non logement. Cette dernière va sortir le couteau du fourreau. Suscitant des interrogations sur les origines géographiques des équipes sur le chantier.

Source: Essingan N°496