Blanchiment d’argent : Le Cameroun annonce 19 actions réalisées sur 24

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Sat, 24 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Le Cameroun annonce avoir réalisé 19 des 24 actions prévues dans son plan de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, portant son taux d’exécution à 79,2 %, contre 46 % auparavant. Malgré ces avancées, cinq mesures restent à finaliser, notamment en matière de supervision, de sanctions et de confiscation des avoirs criminels. Inscrit sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) depuis juin 2023, le pays espère franchir une nouvelle étape en 2027, avec une éventuelle visite d’évaluation. Sa sortie de cette liste dépendra toutefois de la validation du GAFI et de la démonstration de l’efficacité durable des réformes engagées.

Les autorités camerounaises font état d’un taux d’exécution proche de 80 % de leur plan de réformes contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Une progression encourageante, qui doit encore déboucher sur une validation du GAFI avant toute sortie de la surveillance renforcée.

Le Cameroun annonce une accélération de ses réformes financières. Lors de la deuxième session ordinaire du Comité national de coordination, tenue le 22 octobre 2026 à Yaoundé, les autorités ont présenté 19 actions réalisées sur 24, contre 11 auparavant. Le taux d’exécution passe ainsi d’environ 46 % à 79,2 %, soit huit actions supplémentaires et une progression de plus de 33 points. La réunion était présidée par Yaouba Abdoulaye, ministre délégué auprès du ministre des Finances.

Cinq actions restent à finaliser. Elles concernent notamment la supervision fondée sur les risques, les contrôles du secteur non financier, l’application de sanctions effectives et la gestion des avoirs criminels. Les autorités doivent aussi démontrer l’efficacité des sanctions financières ciblées contre le financement du terrorisme et de la prolifération.

Ces chantiers prolongent les préoccupations exprimées par le GAFI. Dans son évaluation de juin 2026, l’organisme reconnaissait des progrès, tout en soulignant que les échéances du plan camerounais avaient expiré et que des déficiences demeuraient. Il insistait notamment sur la supervision, le partage sécurisé du renseignement financier et les saisies et confiscations.

Inscrit sur la liste grise depuis juin 2023, le Cameroun cherche désormais à franchir l’étape suivante. Selon le calendrier présenté par les autorités, le neuvième rapport d’étape devrait être le dernier, tandis que la première session du comité en 2027 préparerait une éventuelle visite sur place du GAFI.

Cette visite ne constituerait cependant pas, à elle seule, une sortie automatique. Elle intervient après la reconnaissance d’un plan d’action substantiellement achevé et permet de vérifier la mise en œuvre durable des réformes. La décision de retrait appartient ensuite au GAFI.

L’enjeu dépasse la conformité administrative. La surveillance renforcée peut conduire les partenaires financiers à approfondir leurs vérifications, avec des coûts de traitement et des délais supplémentaires pour certaines opérations. Elle peut également peser sur la perception du risque camerounais. La liste grise n’impose toutefois pas une rupture générale des relations bancaires ni des sanctions économiques automatiques.

Pour les banques, les entreprises et les investisseurs, une sortie constituerait un signal favorable. Elle ne supprimerait pas les contrôles contre le blanchiment, mais pourrait réduire une source d’incertitude dans les relations financières internationales.

Le prochain test sera donc opérationnel : démontrer que les inspections produisent des corrections, que les manquements sont sanctionnés et que les produits du crime sont effectivement identifiés et confisqués. Le bilan de 19 actions marque une avancée annoncée ; son efficacité durable déterminera la suite du processus.

Boris Bertolt

Source: www.camerounweb.com