Bonne nouvelle : la circulation à Douala va complètement changer

Douala Ville Photo Mobilité urbaine

Fri, 9 Jan 2026 Source: Cameroun Horizons n°54

Les travaux du projet de Bus Rapid transit (BRT) annoncés au premier trimestre 2026 ne semblent pas convaincre face au délabrement des infrastructures de transport.

Ce n’est pas un secret. La ville de Douala a mal à sa voirie urbaine. Qu’il s’agisse des infrastructures de transport, de l’état des routes, de l’hygiène et salubrité, l’eau, l’électricité et le plan d’occupation des sols, c’est un désordre permanent. La mobilité urbaine constitue un véritable problème de société.

Pas de transport de masse comme les bus existaient autrefois, les taxis sont quasi inexistants, tout ceci a laissé la place aux motos taxis qui ont dangereusement envahi les trottoirs et la chaussée. Difficile de faire des projections fiables en termes de mobilité, d’autant qu’à ces manquements relevés en sus, s’ajoutent d’interminables bouchons renforcés par les routes crevassées et jonchées d’ordures ménagères qui font en sorte que c’une gageure pour se déplacer d’un bout de la ville à l’autre.

Pendant que des habitants de la métropole économique suffoquent, et que ce qui encore lieu d’infrastructures continuent à se détériorer, la Mairie de la ville est sortie avec un projet révolutionnaire, l’arrivée à brève échéance du Bus Rapid transit (BRT). Ce mode de déplacement qui s’inscrit en droite ligne du projet de mobilité urbaine (Pmud) venant selon toute vraisemblance, prendre le relais d’un autre aussi révolutionnaire qu’irréaliste, la construction d’un tramway que les autorités municipales avaient annoncé l’opérationnalité en 2021.

En réalité, tout laisse croire qu’il s’agit d’une navigation à vue, un effet d’annonce, puisque sur le terrain, rien ne permet d’envisager que ces « promesses électorales » soient traduites dans les faits. D’où la cérémonie de présentation de ce projet le 11 septembre 2025 à Douala couplée au lancement de la campagne de sensibilisation communautaire pour le projet BRT.

Dans leur projection, le Gouvernement à travers le Ministère l'Habitat et du Développement urbain et la Mairie de la ville de Douala situent le début des travaux au premier trimestre 2026. Selon les mêmes sources, des engins sont disponibles, des travaux de réhabilitation sur les voies, ainsi que les voies urbaines de rabattement ont été identifiées.

Pour ce qui est du corridor du BRT, il est prévu que ces aménagements démarrent au troisième trimestre 2026. Ainsi, 14 kiosques seront de ce fait déployés le long de l'itinéraire du BRT assorti d’une campagne de sensibilisation. Il est question d’expliquer aux habitants de Douala le fonctionnement et les avantages de ce nouveau mode de transport.

Le projet s’étend sur 27 Km séparés des voies de circulation des autres modes de transport, 5 lignes, 48 stations situées entre les deux voies de BRT tous les 500 mètres et équipés d’un système d’achat des tickets de transport, 5 pôles d’échanges multi- modaux ; des aires de stationnement pour moto taxis, des stations bus et minibus etc. Il devrait toucher certains points névralgiques de la ville, à l’instar du célèbre carrefour Ndokoti situé dans les 3è et 5è arrondissements. Plus de 313 bus devraient être mobilisés, ce projet permettant le déplacement journalier de 600 mille personnes et un gain de temps estimé à 90 minutes selon la Banque mondiale.

Il s’agit d’un investissement évalué à 335 milliards FCFA, dont l’apport de la Mairie de la ville est de 12,4 milliards FCFA essentiellement dédiés pour les indemnisations. Pour sa part, la Banque mondiale devrait consentir un financement de 260,8 milliards de FCFA tandis que 62,1 milliards FCFA proviendrait du partenariat public privé. 87 % du montant global, soit 291,9 milliards de FCFA, seront affectés à la construction du réseau BRT. D’après des informations, la Mairie de la ville de Douala ne dispose que de trois ans pour utiliser les 261 milliards de FCFA mis à sa disposition par la Banque mondiale, d’où les négociations en cours pour repousser l’échéance financière qui était fixée en juin 2028.

Source: Cameroun Horizons n°54