Intransigeance des bailleurs de fonds
Le candidat à l’élection présidentielle de cette année, Me Christian Bomo Ntimbane, a lancé une alerte. Sans adoption d’un code électoral consensuel, les bailleurs de fonds refusent de prêter de l’argent au Cameroun, dit-il en introduction.
Il y a quelques jours, Louis Paul Motaze, le ministre des Finances, s'est rendu en Angleterre et aux États-Unis rencontrer les grands financiers du monde dont l'Américain JP Morgan, dans le cadre de ce qu'on appelle en jargon financier un Road show.
Il faut le reconnaître, c'est une innovation dans le management camerounais. Bref, à la tête d'une délégation d'experts et hauts fonctionnaire de son département ministériel dont Samuel Tela, directeur de la trésorerie au ministère des Finances dont la sortie hier nuit, au cours d'une émission à la CRTV en compagnie de la brillante journaliste Lucrèce Mebenga a été remarquable, le ministre des Finances malgré la qualité de ses exposés a été confrontée à une préoccupation majeure : le risque politique.
En langage simple, les grands financeurs ont peur de prêter leur argent au Cameroun parce qu'ils pensent que le système électoral ne garantit pas des élections apaisées, justes et transparentes, à même de garantir la stabilité politique après les résultats. Or notre pays manque d'argent. On ne sait pas si nous tiendrons jusqu'en octobre 2025. Surtout qu'il faudra financer l'élection présidentielle.
La solution est pourtant simple. C'est au président de la République de faire ce qu'il faut. Il lui suffit de reformer de manière consensuelle le code électoral, avec tous les acteurs politiques, en dotant le Cameroun d'un organe électoral véritablement indépendant, en permettant des élections inclusives, en mettant en place des dispositifs qui permettront une élection présidentielle libre et transparence en octobre 2025.
Sans ces réformes, malgré leur bonne volonté et leur professionnalisme, le ministre des Finances et ses collaborateurs ne pourront lever aucun fonds. Sauf à garantir financièrement le risque politique en achetant de lourdes assurances à la Llyod's of London ou en augmentant de plus de 15% le coût de remboursement des crédits. Ce qui rendra l'opération hautement coûteuse avec des taux d'intérêt qui vont exploser et compromettront l'avenir de nos enfants.