Scandale dans l'arrondissement de Nkolafamba : la brigade de gendarmerie de Nkoabang, délocalisée controversée vers la concession du ministre Luc Magloire Mbarga Atangana, est au cœur d’une affaire de rackets organisés contre les mototaximen. Selon des témoignages, des gendarmes interpellent arbitrairement ces travailleurs précaires, les détiennent illégalement et ne les libèrent qu’en échange de pots-de-vin (jusqu’à 40 000 FCFA). Une corruption institutionnalisée qui aggrave l’insécurité dans une zone déjà réputée pour sa criminalité galopante, tandis que les hauts gradés, dont certains au Secrétariat d’État à la Défense (SED), fermeraient les yeux.
Brigade de Nkoabang : Des patrouilles pour dépouiller les pauvres Bensikineurs
Ces méthodes mafieuses et siciliennes se déroulent au nez et à la barbe du ministre Luc Magloire Mbarga Atangana. Ce dernier a pesé de tout son poids pour délocaliser cette unité de commandement du carrefour Nkoabang vers sa propre concession, au lieu-dit Esazomo à Bitotol.
Ce ministre, qu'on accuse d'ailleurs de se tailler la part du lion, y a également fait construire une cathédrale à coup de milliards de FCFA, sans oublier la création d'un centre de santé de haut standing à un jet de pierre de son portail. Cette délocalisation de la brigade de gendarmerie de Nkoabang, à des fins purement égoïstes, a suscité de vifs remous au sein des différentes communautés de cette localité située dans l'arrondissement de Nkolafamba. En effet, les populations jugeaient cette décision, prise sur un coup de tête, très injuste et cruelle au regard de la configuration géographique de la zone.
Malheureusement, l'insécurité a pris du galon dans cette cité cosmopolite très dense, habitée par des autochtones et des allogènes de différentes ethnies. Si l'ambiance est électrique dans cette circonscription réputée être un nouveau « Sodome et Gomorrhe » — très grouillante et parsemée de bars à chaque coin de rue —, l'insécurité, quant à elle, y dicte sa loi. Le taux d'agressions et de meurtres affiche des statistiques qui donnent froid dans le dos. Pourtant, les plaintes déposées par les victimes auprès du commandant de brigade demeurent sans suite. Cela laisse à penser que les gendarmes déployés dans cette unité seraient complices de ces fourbans.
Un commandant ripou
Moins préoccupé par l'insécurité grandissante, le commandant de brigade semble avoir d'autres chats à fouetter que de veiller à la protection des personnes et des biens dans son territoire de compétence. Ces derniers temps, son dévolu s'est jeté sur les conducteurs de moto-taxi. Des éléments de la maréchaussée sont ainsi déployés à des heures indues à certains carrefours stratégiques, ciblant exclusivement ces conducteurs. Ces derniers sont accusés, à tort ou à raison, d'être à l'origine de l'insécurité qui a élu domicile dans la localité. Ils sont interpellés, puis embarqués dans le pick-up de la gendarmerie sous divers motifs.
La dernière embuscade en date remonte à la nuit du 28 mai. Plusieurs mototaximen ont été interpellés puis jetés en cellule. Certains n'ont retrouvé la liberté qu'après avoir déboursé la somme de 30 000 FCFA. Au moment où nous mettons sous presse, nous avons pu échanger avec l'un d'eux, libéré la nuit dernière. On lui exige encore la somme de 40 000 FCFA pour récupérer son engin. Il confie d'ailleurs avoir laissé son téléphone portable en gage chez un boutiquier voisin en contrepartie d'une somme de 20 000 FCFA.
Joint au téléphone, un gendarme en service dans cette même brigade n'y est pas allé de main morte pour fustiger son patron. Selon lui, ce dernier est un personnage qui rançonne les usagers sans une once de compassion. Qu'est-ce qui peut justifier de tels abus de pouvoir sur ces débrouillards ? Ces derniers font déjà face aux exigences financières des propriétaires des motos et peinent, de surcroît, à joindre les deux bouts.
Selon nos informations, la plupart de ces chefs d'unité reverseraient la dîme à leurs mentors et à de hauts gradés en poste au SED (Secrétariat d'État à la Défense). Ces commandants ripoux et véreux n'ont donc aucun compte à rendre à personne. Ce sont, en un mot comme en cent, des gens sans scrupules ni états d'âme.
Ceux qui pensaient que l'arrivée de Galax Etoga au Secrétariat d'État à la Défense apporterait un ouf de soulagement et assainirait ce corps gangrené vont devoir attendre. Pas plus tard que récemment, le commandant de brigade de Bokito n'y est pas allé de main morte, lançant à un plaignant de « lui foutre le camp » et qu'il n'en avait « rien à faire du SED ». La situation est d'autant plus grave que, dans ce contexte, ceux qui sont censés nous protéger deviennent nos propres bourreaux.