Dans la nuit du 28 au 29 mars 2025, un spectacle insoutenable a choqué les habitants du quartier Bessengue à Douala. Des mototaxis ont découvert un nouveau-né de sexe masculin, abandonné dans un simple sac plastique au bord de la Nouvelle Route Bessengue. Selon le Dr. Jean Mbarga, pédiatre à l'hôpital Laquintinie, "le bébé, né à terme, présentait des signes d'hypothermie et de déshydratation lorsqu'il nous a été amené. Son état était critique mais stable".
Transporté en urgence à l'hôpital Laquintinie, l'enfant a immédiatement bénéficié de soins intensifs. "Nous avons dû le placer en couveuse et lui administrer des perfusions", explique une infirmière sous couvert d'anonymat. Après 72 heures de surveillance médicale, les médecins ont pu annoncer une bonne nouvelle : "L'enfant se porte bien désormais et prend du poids normalement", peut-on lire dans le communiqué officiel de l'hôpital.
Face à cet abandon inexplicable, les autorités hospitalières ont lancé un appel à témoins pressant. "Nous recherchons toute personne pouvant nous aider à identifier les parents de cet enfant", déclare le directeur de l'hôpital Laquintinie. Les services sociaux et la police ont été saisis de l'affaire. "Nous analysons les images des caméras de surveillance du quartier et interrogeons les riverains", confie un enquêteur de la brigade des mineurs.
Cet événement tragique relance le débat sur la prise en charge des mères en détresse au Cameroun. "Il existe pourtant des alternatives à l'abandon", rappelle Marie Ngono, présidente de l'association "Enfance Espoir". "Notre ligne d'écoute et nos centres d'accueil sont là pour aider les femmes confrontées à des grossesses non désirées". Selon les statistiques du ministère des Affaires sociales, près de 200 cas d'abandon de nouveau-nés sont recensés chaque année au Cameroun.
Tandis que l'enfant repose désormais en sécurité à la pouponnière de l'hôpital, les services sociaux étudient plusieurs scénarios. "Si les parents ne sont pas retrouvés dans les 30 jours, l'enfant pourra être proposé à l'adoption", explique un travailleur social. Une procédure qui pourrait cependant prendre plusieurs mois, le temps de s'assurer qu'aucun membre de la famille ne se manifeste.
L'hôpital Laquintinie met à disposition un numéro vert (6 88 82 48 44) pour toute information concernant cette affaire. Par ailleurs, plusieurs associations appellent à la solidarité pour offrir des couches, du lait infantile et des vêtements pour le bébé. "Cet enfant est devenu malgré lui le symbole de tous les enfants abandonnés", conclut une bénévole de la Croix-Rouge présente sur place.