'C’est un signe pour le Cameroun' : une donneuse d’alerte sort de son silence

Autoroute Douala Yaounde Rond Point.jpeg Une nounou

Tue, 25 Feb 2025 Source: www.camerounweb.com

La blogueuse La coach blonde a partagé une publication sur les réseaux sociaux. Elle parle du métier de nous.

Une nounou d’enfer. Quand certains me voient, affectueusement entourée des enfants de Stephanie Taffou, ils disent : « C’est la nounou, elle est allée faire la nounou ». Parce que, dans la conscience collective des Camerounais, c’est un métier déshonorant.

Et, tristement, je leur concède ce point. Car dès lors qu’on exerce un métier sans amour, sans attache, il devient vide, pesant, presque honteux. La petite (fille du DG de Camwater, ndlr) qui est morte n’est pas partie par accident. Elle est la victime d’une frustration, celle d’une personne qui n’aimait pas son travail, comme tant d’autres domestiques relégués à l’ombre des maisons.

Beaucoup vivent leur quotidien comme un fardeau, ressentant chaque jour leur prétendue infériorité face à leurs employeurs. Ce métier, que l’on réserve aux “derniers” de la société, se pratique souvent par nécessité. Parce qu’il faut manger. Parce qu’il faut survivre.

Mais, comme je le répète souvent, le Cameroun paiera le prix de sa répression, de son mépris pour ces métiers invisibles. Il paiera en perdant ses enfants, ses espoirs, ses sourires. C’est cette informalité qu’on laisse gangrener certains corps de métier qui finit par nous tuer, lentement mais sûrement.

Dans les pays développés, nul ne peut être nounous sans un diplôme de la petite enfance Là-bas, veiller sur un enfant, c’est une responsabilité sacrée, encadrée, respectée. Si nous voulons avancer, il nous faut restaurer la dignité humaine. Offrir à chacun égalité et respect. Car un sentiment d’infériorité, nourri jour après jour, engendre des frustrations. Et ces frustrations, un jour, se transforment en drames qui, aujourd’hui, semble si incertaine.

(…) La mort de cette petite n’est pas juste un fait divers. C’est un cri. Un signe que notre société est malade. Une maladie causée par le laxisme d’un peuple fatigué, qui oublie que chaque vie brisée est un morceau de notre humanité qui disparaît.

Source: www.camerounweb.com