Célébration du 8 mars : Chantal Biya violemment sermonnée

Sérail Ces Secrets Que Chantal Biya A Voulu Cacher Aux Camerounais Abnès Delaruelle critique vivement son attitude

Tue, 10 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Les festivités marquant la célébration de la journée internationale de la femme au Cameroun n’ont pas fait l’unanimité. Dans une lettre ouverte adressée à la Première Dame du Cameroun, Abnès Delaruelle Camerounaise basée en France, critique vivement son attitude, qu’elle juge marquée par l’apparence, le luxe et les cérémonies mondaines, alors que de nombreuses Camerounaises vivent dans la précarité et la souffrance. Elle reproche à Chantal Biya son silence face aux problèmes sociaux, notamment les violences faites aux femmes et les difficultés des familles et de transformer son rôle de première dame en simple hangar.

Abnès Delaruelle appelle à plus de dignité, de responsabilité morale et de véritables actions en faveur des femmes et de la nation, allant jusqu’à suggérer qu’elle devrait se retirer pour laisser place à un renouveau.

MADAME LA PREMIÈRE DAME, LE CAMEROUN N’EST PAS UN DÉCOR : UNE LETTRE OUVERTE SUR L’URGENCE DE LA DIGNITÉ

PRÉAMBULE : L’EXIGENCE DE VÉRITÉ D’UNE CONSCIENCE LIBRE


Ce texte que je livre aujourd’hui n’est pas soumis à l’approbation, ni aux likes, ni aux convenances. Il n’attend pas de consentement. Il est l’expression brute d’une observation profonde, reflet d’une vérité que des milliers de Camerounais portent en silence, faute de pouvoir ou de courage pour la nommer.

Depuis trop d’années, nous assistons à une décrépitude morale qui semble ne plus connaître de limites. Le monde bouge, mais chez nous, le mouvement semble se faire vers l’abîme de l’éthique. Une Première Dame devrait être le miroir de la noblesse pour la jeune femme, un sanctuaire de valeurs, de retenue et d’humanité. Or, ce que nous voyons au Cameroun n’offre aucun ancrage de simplicité ou d’humilité.

Il est temps que l’humain reprenne le dessus sur le folklore. Il est temps de dénoncer cette dérive caractérisée où l’absence de conseils avisés laisse place à une théâtralité vide de sens. Ce cri n’est pas un affront, c’est une nécessité de cohérence et de vérité.

LETTRE OUVERTE À LA PREMIÈRE DAME DU CAMEROUN

LE MIRAGE DES PAILLETTES FACE AU SANG DE LA NATION

Madame,

J’ai espéré. Jusqu’au bout, j’ai voulu croire qu’une étincelle d’humanité jaillirait enfin. C’est la raison pour laquelle j’ai attendu le lendemain de ce 8 mars 2026 pour vous écrire. J’espérais qu’enfin vous nous surprendriez par un acte, une parole ou un geste de protection réelle. Hélas, le silence et l’indifférence l’ont emporté. Aujourd’hui, mon cœur de citoyenne refuse de se taire face à ce qui est devenu une insulte à notre honneur collectif.

L’EXTRAVAGANCE DU PARAÎTRE FACE AU NÉANT DE LA FONCTION

Nous ne vous cherchons plus dans le réconfort dû aux familles éplorées. Nous avons compris que vous n’apparaissez que pour des moments de célébrations festifs. On vous voit radieuse aux cérémonies mondaines, dans les mariages somptueux ou lors de réceptions où l’opulence des buffets heurte la pudeur de ceux qui souffrent.

Votre image n’est qu’extravagance. Une mise en scène permanente, qui jure avec la précarité des Camerounaises. À vous voir ainsi insouciante au milieu des décombres de nos vies, le constat est cruel : l’habit de Première Dame est décidément trop grand pour vous. Vous n’en avez gardé que les décors, les dépenses somptuaires et les profits. Vous avez transformé cette fonction, qui devrait être un sanctuaire pour la nation, en un simple hangar. Une sorte de lieu de stockage pour vos parures et privilèges, vide de toute substance humaine.

L’AVAL DU VIDE AU PALAIS DE L’UNITÉ : QUAND LA MAISON COMMUNE DEVIENT LE THÉÂTRE DU SCANDALE ET DE LA DÉCRÉPITUDE

La mémoire du peuple est intacte, Madame. Nous n’avons pas oublié cet épisode de la campagne de 2018 où, sous votre égide et pour servir l'éclat factice d'un régime en quête de jeunesse, les portes du Palais de l'Unité — ce seul lieu symbole, cette "maison" qui appartient à tous les Camerounais — se sont ouvertes pour accueillir en grandes pompes des influenceuses de la diaspora dont l’éthique se dissout chaque jour dans la trivialité et l'insulte sur les réseaux sociaux.

Recevoir avec les honneurs de la République des filles du pays qui font commerce de l’exhibition et du scandale est une profanation de nos institutions. En offrant comme modèles à nos filles des icônes du vide plutôt que des figures de vertu ou d’intellect, vous avez rabaissé la fonction de Première Dame. C’est ainsi que vous avez fini par faire du Cameroun un pays à part, moqué, où la décrépitude est devenue une stratégie de communication officielle et où la jeune fille camerounaise, désorientée, ne trouve plus en son "miroir" national que le reflet d'une vulgarité validée au plus haut sommet de l'État.

LA MINISTRE ET LA FAILLITE D'UN CONTREPOIDS MORAL

Votre ministère de tutelle, le Minproff, est devenu une coquille vide. À quoi servent réellement les budgets alloués à cette institution ? Est-elle au service des Camerounaises ou de votre seule image ? Lorsqu'une maman en arrive à commettre l'irréparable sur ses propres enfants à Nkolbisson sans que cela ne suscite la moindre réforme de fond, la démission de la hiérarchie devient une exigence morale.

La Ministre s’est muée en gestionnaire marketing du 8 mars, s’assurant que le folklore l’emporte sur la sécurité. Elle gère la logistique de votre image à travers le business des pagnes, transformant une lutte pour les droits en un jackpot commercial. Les associations, comme les Bayam Selam, ont même choisi de boycotter l’événement, refusant de cautionner une mascarade où la souffrance des Camerounaises sert de décor. On ne guérit pas les plaies d’une nation avec un morceau de coton vendu à prix d’or pour acheter les consciences. En tant que figure tutélaire de cette institution, votre silence sur ces dysfonctionnements en fait une responsabilité partagée.

CE QU’UNE "MÈRE DE LA NATION" AURAIT DÛ PORTER

Nous aurions tant voulu vous voir incarner de véritables avancées :

- Une loi de protection d’urgence contre les féminicides, garantissant des refuges immédiats plutôt que des parades.

- Le statut de la Mère et de l’Enfant, avec un fonds de solidarité réel pour les orphelins et les veuves.

- L’accès universel aux soins maternels, pour que plus aucune femme ne meure en donnant la vie.

- La noblesse par le mérite, pour que nos filles réussissent par l’excellence et non par la courbette.

L’HEURE DU RETRAIT : POUR LE SOUFFLE D’UNE NATION

Je ne nourris plus d’attentes à votre égard. Puisque vous n’avez pu être ce recours moral tant espéré, la noblesse commanderait aujourd’hui de laisser la place à une nouvelle espérance. Votre époux marque aujourd’hui le pas dans ce crépuscule politique et votre persistance dans l’apparat ne fait qu’accentuer le sentiment d’abandon des Camerounais.

Ayez la sagesse de ne plus encombrer l’avenir d’un peuple dont vous ne partagez pas les peines. Pour le bien de cette terre, permettez au Cameroun de retrouver sa liberté de destin. Le temps est venu de nous laisser avancer, sans vous.

L’IMPUDEUR DE LA JOUISSANCE FACE AU DÉNUEMENT

Ce qui achève de briser le cœur de la nation, c’est cette volonté d’exposer une joie bruyante et une opulence sans filtre. Où puisez-vous le courage de vous parer de tant de lumière, quand autour de vous, des mères enterrent leurs enfants dans l’ombre ? Votre fonction n’est pas de diriger, mais d’incarner. Elle n’est pas un mandat, mais une mission : celle de rappeler, par votre exemple, que la noblesse ne se décrète pas, elle se vit.

Une Première Dame n’est pas une reine. Elle est le miroir que la nation tend à ses filles pour leur montrer ce qu’est la grandeur : non pas l’éclat des bijoux, mais la fermeté des principes. Quand ce miroir ne reflète que le vide, c’est toute une jeunesse qui perd son chemin.

Une place comme la vôtre exige de sentir battre le cœur d’un peuple. Si ceux qui vous entourent ont oublié que la retenue est le dernier rempart de l’humanité, alors la décrépitude n’est plus seulement une faute : elle devient un héritage. Et l’histoire, elle, n’oublie jamais.

NB: Ma religion est l'amour et je ne garde de rancœur envers personne, car ma boussole est l'humanité, mais la terre de mes ancêtres ne saurait s'accommoder d'un aveuglement volontaire face à la dignité de son peuple.

Agnes P Delaruelle

Source: www.camerounweb.com