Fonds propres négatifs de 58 milliards FCFA, absence de plan de restructuration, flotte insuffisante et dettes fiscales et sociales de près de 20 milliards. C'est le constat accablant de l'audit de la Chambre des comptes de la Cour suprême sur la compagnie aérienne nationale CAMAIR-Co. Créée en 2006 pour succéder à Cameroon Airlines, la compagnie n'a jamais réussi à atteindre un équilibre financier durable. Malgré une progression de 7,9 % de son chiffre d'affaires en 2025 (24,47 milliards FCFA), elle a enregistré une perte nette de 4,65 milliards FCFA et demeure fortement dépendante des subventions publiques (6,85 milliards FCFA en 2025). Les choix d'exploitation jugés coûteux et une flotte insuffisante aggravent la situation. Le rapport relance le débat sur l'avenir du transport aérien public au Cameroun : faut-il poursuivre le soutien financier ou envisager une restructuration plus profonde ?
CAMAIR CO: L’AUDIT DE LA CHAMBRE DÈS COMPTÉS RÉVÈLE UN DÉFICIT DE 58 MILLIARDS FCFA ET L’ABSENCE D’UN PLAN DE RESTRUCTURATION
La publication, le 6 août 2026, du rapport d’audit de la Chambre des comptes de la Cour suprême sur la compagnie aérienne nationale CAMAIR-Co dresse un constat particulièrement préoccupant sur la situation financière et opérationnelle de l’entreprise. Entre fonds propres négatifs, absence du plan de restructuration prescrit, flotte insuffisante et choix d’exploitation jugés coûteux, le document met en lumière les profondes difficultés structurelles auxquelles est confrontée la compagnie.
Créée en 2006 pour succéder à Cameroon Airlines (CAMAIR), la compagnie nationale devait incarner le renouveau du transport aérien camerounais. Vingt ans plus tard, le redressement tant attendu peine toujours à se concrétiser.
Selon les conclusions de l’audit publié par la Chambre des comptes, CAMAIR-Co n’aurait pas mis en œuvre le plan de restructuration qui lui avait pourtant été prescrit.
L’un des principaux indicateurs relevés par les magistrats financiers concerne les fonds propres négatifs, évalués à 58 milliards de FCFA. Une telle situation traduit un déséquilibre financier majeur et témoigne de l’accumulation de pertes importantes au fil des années.
L’audit pointe également une flotte insuffisante, incapable de répondre efficacement aux besoins d’exploitation de la compagnie.
Cette faiblesse structurelle aurait conduit l’entreprise à adopter des choix d’exploitation particulièrement coûteux, aggravant davantage sa situation financière.
Les conclusions de la Chambre des comptes interviennent dans un contexte où les états financiers de l’exercice 2025 montrent pourtant une légère amélioration de certains indicateurs. Le chiffre d’affaires de la compagnie a progressé de 7,9 %, passant de 22,67 milliards de FCFA en 2024 à 24,47 milliards en 2025. Malgré cette progression, CAMAIR-Co a enregistré une perte nette de 4,65 milliards de FCFA et demeure fortement dépendante des subventions publiques. En 2025, le soutien financier de l’État a atteint 6,85 milliards de FCFA, contre 4,94 milliards en 2024.
Les difficultés ne se limitent pas aux résultats comptables.
Les dettes fiscales et sociales de la compagnie ont atteint près de 19,92 milliards de FCFA, contre 15,75 milliards un an auparavant, illustrant des tensions persistantes en matière de trésorerie. Les charges financières ont également fortement augmenté, accentuant les difficultés de l’entreprise.
Depuis son lancement commercial en 2011, CAMAIR-Co n’a jamais réussi à atteindre un équilibre financier durable. Malgré plusieurs plans de relance, des recapitalisations successives et des injections régulières de fonds publics, la compagnie continue d’accumuler les déficits.
L’audit de la Chambre des comptes relance donc le débat sur l’avenir du transport aérien public au Cameroun.
Faut-il poursuivre la politique actuelle de soutien financier ? Une restructuration plus profonde est-elle devenue inévitable ? La compagnie dispose-t-elle encore des moyens nécessaires pour faire face à la concurrence des transporteurs étrangers qui dominent largement le marché aérien camerounais ?
Le rapport publié le 6 août 2026 pourrait ainsi constituer un tournant décisif dans l’histoire de CAMAIR-Co. Car au-delà des chiffres, c’est désormais la viabilité même du modèle économique de la compagnie nationale qui se trouve au cœur des interrogations.