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Sports News Sat, 29 Dec 2018

CAN 2019: et si tout n'était pas perdu pour le Cameroun ?

Au Cameroun, l'humiliation du retrait de la Coupe d'Afrique des nations 2019 par la Confédération africaine de football (CAF) n'est pas tout à fait retombée. Contrairement au gouvernement camerounais qui semble avoir abandonné la piste du contentieux pour accepter la proposition (sans garantie) d'accueillir l'édition de 2021, le monde sportif camerounais ne compte pas se laisser faire et veut laver l'affront.

Les méandres d'un imbroglio juridique

C'est dans ce cadre que l'Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACFAC), à l'issue d'une réunion de son bureau exécutif ce 27 décembre 2018 à Yaoundé, la capitale, confirme publiquement son recours déposé auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne en Suisse. Ce, afin, d'une part, de contester la décision du comité exécutif de la CAF du 20 juillet 2017 qui entérine le passage de 16 à 24 équipes participantes à la phase finale de la CAN, avec application dès l'édition de 2019 au Cameroun. D'autre part, l'ACFAC conteste également la décision du 30 novembre 2018 concernant le retrait de l'organisation de la compétition africaine au Cameroun. « Cette initiative vise uniquement à permettre au Cameroun de récupérer l'organisation de la CAN 2019 avec, en cas de besoin, un calendrier exceptionnellement aménagé, dans la mesure où, pendant deux ans, la CAF a empêché la Fecafoot de fonctionner normalement en maintenant à sa tête un exécutif sans mandat afin de modifier de manière arbitraire et unilatérale le nombre d'équipes participant à la CAN 2019, avec toutes les conséquences engendrées sur les plans infrastructurel et organisationnel », explique l'association dans un communiqué.

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Côte d'Ivoire et Cameroun, même combat

L'ACFAC argumente ce recours par plusieurs raisons. Compte tenu du recours introduit par la Côte d'Ivoire au TAS, le Cameroun n'a aucune garantie pour obtenir formellement l'organisation de la CAN 2021 en guise de compensation tel que l'a proposé la confédération. Une proposition déjà acceptée par les autorités camerounaises, selon le président de la CAF. De plus, pour les clubs amateurs camerounais, la décision de retirer la CAN 2019 au Cameroun s'est appuyée sur les dispositions d'un accord inexistant dans la mesure où la CAF n'a jamais signé l'accord-cadre qu'elle a elle-même élaboré et transmis à la Fecafoot, qui l'avait pourtant signé depuis le 20 septembre 2017. Aussi, pour l'ACFAC, la CAF appose-t-elle à la Fecafoot les dispositions d'un accord auquel elle n'a pas souscrit. Dans le même ordre d'idée, elle estime ainsi que même les inspections menées dans ce cadre ne sont pas valables au regard du droit.

Au-delà de toutes ces considérations juridiques, il s'agit bien de laver l'affront fait au Cameroun et de tenter de juguler l'impact économique négatif de la décision de retrait de la CAN sur les importants investissements réalisés par le pays et les particuliers dans la perspective de cette compétition. Il n'est en effet pas superflu d'indiquer que le budget 2019 du Cameroun et la loi de finances adoptés peu avant par l'Assemblée nationale étaient essentiellement articulés autour de cette compétition à venir.

Quelles sont les chances d'un tel recours?

Si le recours de l'ACFAC est en nette contradiction avec la piste de la négociation privilégiée par le gouvernement camerounais, certains observateurs croient fermement aux chances d'aboutissement de cette démarche. En effet, l'un des initiateurs, Abdouraman Hamadou, président d'Étoile filante de Garoua, un club amateur local, n'est-il pas à l'origine de la chute de l'exécutif de la fédération présidé par Tombi à Roko et la mise en place d'un comité de normalisation à la Fecafoot en août 2017? ? Contre vents et marées, il avait mené la fronde avec abnégation pour contester le processus électoral ayant conduit à l'élection de cet exécutif. Et c'est avec la même assurance qu'il compte faire reculer la CAF. Ce qui, en cas de réussite, jetterait un embrouillamini sans pareil sur la CAN 2019. Cette compétition et ses éditions suivantes n'ont pas encore fini de faire parler d'elles.

Source: afrique.lepoint.fr
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