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General News Sat, 8 Dec 2018

CAN 2019: le Cameroun pourra reprendre l'organisation

Ça trotte dans les esprits des partisans de l'organisation à tout prix par le Cameroun de la Coupe d'Afrique des Nations 2019. Faute de preneur, la Confédération Africaine de Football pourrait ou devrait se rabattre –toute honte bue- sur le Cameroun.

Vendredi, le vice-président de la CAF, Constant Omari, qui s'exprimait sur RFI, a annoncé que le Congo-Brazzaville avait annoncé sa candidature à l'organisation de la CAN 2019 dont son voisin du Nord a été dépossédé une semaine auparavant.

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Une candidature qui a suscité le commentaire peu flatteur de notre confrère Patrick Juillard qui aborde la question sur le site football365.fr : « Même s'il a organisé les jeux Africains en 2015 et souhaite amortir les infrastructures construites pour l'occasion, ce pays ne paraît pas avoir les reins assez solides pour accueillir une phase finale à 24 équipes. ».

Le chroniqueur relève cependant, en relayant la CAF, que l'Egypte et l'Algérie ne sont pas preneuses, et que les deux pays pressentis pour prendre la relève du Cameroun e raison de la qualité des infrastructures dont ils disposent déjà (l'Afrique du Sud et le Maroc), ne se sont toujours pas signalés, à une semaine de la clôture des dépôts de candidatures.

Alors, questions : Si le Congo-Sassou Nguesso (encore appelé Congo-Brazzaville) ne peut pas, si l'Egypte et l'Algérie qui disposent d'infrastructures adéquates ne pouvant nécessiter que quelques petites retouches de circonstance pour faire l'affaire n'en veulent pas, et si le Maroc et l'Afrique du Sud qui ont des infrastructures pouvant tenir la dragée haute à celles des Nations occidentales habituées à l'organisation des grandes compétitions internationales ne soumissionnent pas, le Maroc tenant probablement à se ménager le soutien du Cameroun pour sa candidature à l'organisation de la Coupe du Monde de football 2030, et l'Afrique du Sud ayant des chats noirs économiques plus difficiles à fouetter pour se permettre des engagements financiers sur fond de distraction aux fins de palier la pathologique incurie camerounaise, il ne restera plus qu'à refiler le bébé à son légitime et indélicat propriétaire.

Une perspective qui redonnera du sourire jusqu'aux oreilles au vieux président camerounais pour qui cette CAN 2019 était d'un énorme enjeu… politique, dans la foulée de ses incessantes victoires, dont celle de la dernière présidentielle vivement contestée, ou celle sur les anglophones du Southern Cameroon sommés de déposer les armes ou de faire face à la loi et à l'armée.

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Outre que cela permettrait de tirer d'affaire un Ahmad Ahmad de la CAF accusé ça et là par des langues venimeuses d'avoir passé un deal gombotique avec Paul Biya du Cameroun en oubliant que l'organisation sportive ne se gérait pas comme l'épicerie Cameroun, c'est-à-dire au gré des humeurs souveraines et discrétionnaires de son président, cela aura aussi le mérite de faire reprendre les travaux de construction-rénovation-réhabilitation des infrastructures laissés à l'abandon depuis le soir du 30 novembre 2018, date de l'annonce par la CAF du "déboutement" du Cameroun.

Car étrangement depuis le lendemain du coup de tonnerre, les entrepreneurs à pied d'œuvre sur tous les chantiers de la CAN 2019 où ils faisaient travailler les manœuvres jusqu'à des heures tardives, le soir, sont comme ankylosés. La construction du drain sur plusieurs kilomètres qui devait rendre plus agréable à voir les rigoles et rivières de la capitale économique Douala a connu un retentissant coup d'arrêt, permettant aux moustiques de s'offrir des campements de luxe d'où ils partent toutes les nuits pour semer la désolation du paludisme dans les habitations précaires environnantes, déjà fragilisées par les casses consenties malgré les populations pour cause de CAN 2019 d'utilité patriotico-nationalistico-publique. La grue mobile installée au stade de la Réunification de Bépanda-Douala qui ne cessait d'émerveiller les bambins de ses "monter-descendre" semble s'être statufiée pendant sa dernière élévation, qui aurait manifestement coïncidé avec l'annonce de la malheureuse et malencontreuse décision de la CAF le 30 novembre. « Statuuuuue pas de ! Bouge pas de ! »... Et l'on en oublie.

Source: cameroonvoice.com
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