Donald Trump ne lâche pas le Cameroun
L’on assiste à un regain d’intérêt stratégique des États-Unis pour le Cameroun, notamment autour de ses minerais critiques comme le cobalt, le nickel, le manganèse et le scandium. Washington cherche à réduire sa dépendance envers la Chine tout en renforçant ses relations bilatérales avec Yaoundé. Les visites de hauts responsables militaires américains et les pressions en faveur d’une plus grande transparence dans le secteur minier illustreraient cette stratégie.
Sécurité nationale des États-Unis : Donald Trump ne lâche pas le Cameroun
Ce vendredi 7 août 2026, à New York, à des milliers de kilomètres du Cameroun, les États-Unis jouaient leur avenir sécuritaire dans une véritable bataille pour le contrôle des terres rares face à la Chine.
Pendant que le Pentagone annonçait la signature d’un accord de financement à hauteur de 400 millions de dollars avec une firme australienne, American Minerals Resources, une entreprise liée au Pentagone et dirigée par Drew Horn, un proche de Donald Trump, annonçait à son tour la signature d’un accord financier avec Aeternum Resources, qui contrôlera désormais le projet de Nkamouna et ses gisements de cobalt, de nickel, de manganèse et surtout de scandium.
Le scandium est utilisé dans l’industrie de la défense, l’aviation ou encore les centres de données. Il est habituellement un sous-produit d’autres activités minières. Washington cherche à sortir de sa dépendance vis-à-vis de la Chine et entend transformer ces minerais critiques directement au Cameroun.
Donald Trump est plus que jamais déterminé à faire du Cameroun un allié stratégique dans sa nouvelle politique de B2B avec l’Afrique : des accords non plus avec des blocs de pays ou avec le continent, mais avec chaque pays individuellement.
Depuis le passage au Cameroun de hauts gradés américains, notamment le général Claude Tudor, commandant des forces spéciales américaines en Afrique (SOCAFRICA), le général John William Brennan Jr., commandant adjoint d’USAFRICOM, et le général Dagvin Anderson, commandant de l’USAFRICOM, accompagnés de diplomates américains, ces derniers insistaient sur la nécessité pour le Cameroun de créer un cadre plus transparent dans le domaine minier.
Plusieurs sources annoncent l’implication des services de renseignement américains dans les dernières révélations de l’ITIE sur le pillage de l’or à l’Est du Cameroun.
Cette position de Washington renseigne sur l’attention particulière qu’accorde Donald Trump à la stabilité du Cameroun en cette période où l’alternance politique au sommet de l’État pointe à l’horizon.
Albin Michel Njilo