CONFIDENTIEL: comment Paul Biya a humilié les barons du RDPC avec la réforme constitutionnelle

President Paul Biya Image illustrative

Tue, 14 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Selon les révélations exclusives de Jeune Afrique, la création d'un poste de vice-président nommé a fragilisé les poids lourds du parti présidentiel qui se voyaient comme les successeurs naturels de Paul Biya. Des caciques comme René Emmanuel Sadi et Louis Paul Motaze, qui avaient patiemment construit leur ascension au sein du RDPC, se retrouvent désormais au même niveau que de « simples militants ».

L'adoption de la révision constitutionnelle instaurant un poste de vice-président nommé a bouleversé l'équilibre des forces au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Jeune Afrique révèle que les barons du parti, qui se voyaient comme les successeurs naturels de Paul Biya, ont vu leurs espoirs réduits à néant. Parmi les grands perdants de cette réforme figurent des figures influentes comme René Emmanuel Sadi, membre du bureau politique, et Louis Paul Motaze, membre du comité central, qui ont perdu une influence considérable.

Le scénario envisagé par les caciques du RDPC était pourtant simple : l'élection d'un numéro deux du parti lors d'un congrès, qui serait ensuite devenu le candidat naturel du RDPC à la présidentielle. Mais Jeune Afrique rapporte que Paul Biya semble s'être volontairement éloigné de la machine politique qu'il a lui-même créée en 1985. La formation ne s'est pas réunie en congrès depuis quinze ans, alors que ses textes exigent ce rassemblement tous les cinq ans. Un signe qui n'a pas échappé aux observateurs avertis.

Les turpitudes internes du RDPC auraient également pesé dans la décision du chef de l'État. Jeune Afrique a appris que les moments de démocratie interne se sont souvent transformés en de féroces batailles peu reluisantes. En 2021, le renouvellement des organes de base a donné lieu à des achats de suffrages, des règlements de comptes, des coups et blessures, voire un incendie. Lors des renouvellements des conseils régionaux en novembre 2025, des élus se sont même opposés aux instructions du secrétariat général, un fait inédit qui aurait profondément agacé Paul Biya.

Dans ce nouveau paysage institutionnel, le dauphin constitutionnel n'aura pas besoin de s'appuyer sur le RDPC pour accéder au pouvoir, puisqu'il n'aura pas à passer par une élection. Jeune Afrique souligne que les élites pressenties à la succession qui disposaient de solides atouts au sein du parti ont perdu en influence. Elles se retrouvent désormais au même niveau que Ferdinand Ngoh Ngoh ou que Franck Biya, c'est-à-dire de « simples » militants du RDPC. Un véritable camouflet pour ceux qui ont patiemment construit leur carrière au sein de la formation au pouvoir.

Reste à savoir si Paul Biya choisira un dauphin issu des rangs du parti ou une figure plus transpartisane. Jeune Afrique note que certains observateurs voient dans cette réforme un retour au scénario de 1982, lorsque Paul Biya lui-même avait été désigné comme dauphin constitutionnel. D'autres estiment que le successeur sera « forcément présenté au parti » pour lui permettre de prendre le relais. Dans tous les cas, le RDPC n'aura plus qu'un rôle de figuration, sans avoir eu son mot à dire.

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