Cabral Libii, l’homme à abattre !

Cabral Libii Tete Levee.jpeg 'Le Cameroun se fera aussi avec Cabral Libii'

Mon, 19 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans cette tribune, Albin Michel Njilo prend la défense de Cabral Libii, qu’il présente comme une figure majeure de l’opposition camerounaise, confrontée à l’hostilité de certains militants radicaux du MRC et de rivaux politiques. Il met en avant son action parlementaire, notamment aux côtés de Jean-Michel Nintcheu, ainsi que son plaidoyer en faveur du fédéralisme, présenté comme une alternative à la concentration des pouvoirs à Yaoundé et un moyen de renforcer les responsabilités des entités territoriales. Il dénonce les divisions au sein de l’opposition, qu’il estime susceptibles de profiter au pouvoir en place, et rejette la tendance à tenir Cabral Libii pour responsable de toutes les controverses impliquant les membres de son parti.

PARLONS DE CABRAL LIBII : POURQUOI TANT DE HAINE CONTRE LUI ?

Cabral Libii a deux catégories d'adversaires déclarés au Cameroun : les radicaux du MRC, qui ne tolèrent pas qu'il refuse de s'aligner derrière Maurice Kamto, et certains aigris de sa génération, qui ne comprennent pas comment, dans un Cameroun verrouillé par les vieillards, un jeune homme a pu émerger en quelques années et s'imposer comme un redoutable opposant républicain.

Qui, mieux que Jean-Michel Nintcheu et Cabral Libii, a réussi à mettre le gouvernement camerounais mal à l'aise depuis les bancs de l'Assemblée nationale ?

L'axe Bassa-Bamiléké a constitué l'un des fronts les plus redoutables de la résistance à la colonisation au Cameroun. Son histoire continue de susciter un intérêt particulier, y compris au sein des cercles diplomatiques français.

La détermination de Cabral Libii a contraint, selon cette lecture politique, certains faucons du régime à exploiter les infiltrations et parfois les natifs au sein des formations politiques pour provoquer des fractures dans les rangs de l'opposition.

Ce mécanisme a également été observé lorsque le régime a soupçonné Samuel Eto'o de nourrir des ambitions politiques. Les radicaux du MRC ont, une fois encore, contribué à cette dynamique de division, au bénéfice de Yaoundé.

De grandes figures de l'opposition, à l'instar de Bahébeck, de l'UPC, semblent avoir compris les enjeux de cette rivalité. Bien au contraire, certaines ont su préserver une certaine distance avec les querelles qui divisent l'opposition.

Cabral Libii est aussi l'un des rares hommes politiques camerounais à avoir défendu le fédéralisme en lui donnant une argumentation politique structurée.

Cette option mérite un débat sérieux sur l'organisation de l'État et l'épanouissement des communautés. Car, qu'on le veuille ou non, les identités communautaires — Bassa, Bamiléké, Bali, Eton et bien d'autres — préexistent à la construction de l'État camerounais moderne. Ce sont des communautés historiques qui ont participé, chacune à sa manière, à la formation de la nation.

Même le SDF, pourtant historiquement associé à la défense du fédéralisme, semble parfois éviter de placer ce mot au centre de son discours politique. Or, derrière ce débat institutionnel se trouve une question fondamentale : celle du partage du pouvoir entre l'État central et les collectivités territoriales.

Le fédéralisme implique précisément de repenser la concentration des pouvoirs à Etoudi au profit d'une organisation institutionnelle accordant davantage de responsabilités aux entités fédérées.

QUE REPROCHE-T-ON FINALEMENT À CABRAL LIBII ?

Est-il responsable de toutes les controverses impliquant les membres de son parti ?

Doit-il être tenu pour comptable des agissements de sa députée, notamment lorsque celle, durant toute sa mandature a affiché ses intérêts économiques personnels à travers son mandat parlementaire ? Une telle question mérite des réponses fondées sur des faits établis, et non sur une volonté de condamner collectivement un homme politique.

On peut contester les choix de Cabral Libii, critiquer sa stratégie ou discuter de ses alliances. C'est le propre du débat démocratique. Mais pourquoi lui dénier systématiquement le droit d'exister politiquement en dehors de l'ombre d'un autre leader ?

Aucun combat politique ne prospère s'il n'est adossé à des alliances.

Le Cameroun se fera aussi avec Cabral Libii.

ALBIN MICHEL NJILO

Source: www.camerounweb.com