Un accord conclu le 19 octobre entre une coopérative d’Ayos et la société Protect First AG donne corps au programme Cacao Bio 1000. L’objectif est séduisant : produire un cacao biologique, traçable et mieux rémunéré. Le défi sera de faire parvenir la prime jusqu’au planteur.
La démarche intervient dans un marché devenu plus exigeant. Les acheteurs demandent l’origine des fèves, la preuve de pratiques durables et la conformité aux règles de lutte contre la déforestation. Pour une petite exploitation, ces obligations représentent des coûts de cartographie, d’audit, de séparation des lots et de tenue de registres.
Le partenariat peut réduire ces obstacles si la coopérative mutualise les services et négocie collectivement. Il devra aussi clarifier le prix de référence, la prime biologique, les frais de certification et le calendrier de paiement. Sans contrat lisible, la valeur créée en bout de chaîne peut se dissoudre dans les intermédiaires.
Le contexte national renforce l’urgence. Selon les chiffres rapportés pour la campagne 2025-2026, les volumes commercialisés se sont établis à 247 914 tonnes, en baisse de 19,9 % par rapport aux 309 518 tonnes de la campagne précédente. Une stratégie de qualité peut amortir le choc des volumes, mais elle ne remplace ni la productivité des vergers ni la lutte contre les maladies.
Cacao Bio 1000 sera jugé sur des preuves simples : nombre de producteurs effectivement certifiés, tonnes vendues, différentiel de prix net et délai de paiement. Si ces données sont publiées, l’initiative peut devenir un modèle. Sinon, le label risque de rester une belle promesse à distance des cacaoyères.