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General News Tue, 28 Jan 2020

Campagne électorale à huis-clos dans le Noso

Qu'il s'agisse du président de la République, du ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, ou du président du conseil électoral de Election Cameroon (Elecam) Enow Abrams Egbe, tous ont promis que toutes les dispositions seraient prises por que le double scrutin législatif et municipal du 09 février prochain se tienne dans les 58 départements et les 360 arrondissements du Cameroun. A moins que les groupes séparatistes ambazoniens ne sortent l'artillerie lourde à même de fair battre en retraite l'armée camerounaise dans le Nord-ouest et le Sud-Ouest entretemps, ça devrait effectivement être le cas.

Avec le concours des autorités administratives, Elecam a opté pour la mise en place de centres de vote hautement sécurisés, qui comprendront plusieurs bureaux. Les troupes en opération dans ces deux régions ont été renforcées pour sécuriser le processus électoral, mais la prudence reste cependant de mise. L'organisation par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de son meeting de lancement de campagne des législatives et municipales dans l'enceinte de l'hôtel Ayaba de Bamebda, le 25 février, sous la présidence de l'ex-premier ministre Philemon Yang, traduit la frilosité dont fait preuve le pouvoir, en débit des appels incessant à la mobilisation de tous dans cette partie du pays.

L'United Democratic Party (Udp) de El Hadj Lawane Bako, qui conduit une liste aux législatives dans le département de la Mezam, a lui aussi lancé sa campagne dans un hôtel de la capitale régionale du Nord-Ouest. Cinglante ironie pour ce parti qui, il y a quelques mois encore, se présentait comme le seul capable de mobiliser ses militants sur la place publique à Bamenda sans être inquiété. Le Social Democratic Front (SDF) qui occupe 13 sièges de députés sur 20 dans cette région et qui y contôle plusieurs communes depuis 2013 semble avoir complètement perdu ses moyens. Depuis samedi dernier, le parti de Ni John Fru Ndi a tenu des meetings partout ailleurs où il a présenté des listes aux élections du 09 février, sauf dans son fief. Son chronogramme d'activités dans cette région en marge de la campagne électorale en cours n'est d'ailleurs pas connu jusqu'ici. Peut-être n'a-t-il pas encore trouvé la bonne formule.

Dschang

Dans le Sud-Ouest, la campagne du Rdpc a été lancée non pas à huis-clos comme à Bamenda, mais à la place des fêtes sise au quartier administratif. Mais ce meeting est loin d'avoir été populaire. Présidé par l'ancien premier ministre Peter Mafany Musonge, il s'est d'autant plus tenu sous haute sécurité que, même les militant en tenu du parti devraient montrer patte blanche avant d'avoir accès au site. Dans cette région aussi, et même si des responsables assurent que la campagne va se dérouler en zone urbaine, un brouillard enveloppe encore la suite de l'opération de charme des partis politiques. De sources bien informées, le Rdpc tiendra des meetings, outre le Fako, seulement dans les départements de la Meme et de la Manyu.

Les équipes de campagne du parti dans le Lebialem devraient, comme lors de la présidentielle de 2018, délocaliser leur campagne à Dschang et Fango-Tongo dans la région de l'Ouest où l'on compte une colonie de déplacés de la crise anglophone. Même le premier ministre Joseph Dion Ngute, ne pourra pas se rendre chez dans le Ndian. Dans le Nord-Ouest, les meetings se tiendront dans le Mezam (Bamenda, Santa et Bafut) et dans le Donga-Mantung.

Source: Mutations N°5025