Conflit Eto'o-Onana/ Crise de gouvernance au football camerounais , l'imbroglio EFFSA-FECAFOOT

SAMUEL ETO'O DEUIL Image illustrative

Mon, 26 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Le football camerounais traverse une nouvelle zone de turbulences avec le bras de fer opposant l'Eclair Football Filles de SA'A (EFFSA) à la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). Au cœur de cette crise : une suspension administrative contestée et une bataille juridico-administrative qui soulève des questions fondamentales sur la gouvernance sportive au Cameroun.

Par note de service datée du 23 janvier 2026, le Secrétaire général de la FECAFOOT, Mandong Isaac Noé, a annoncé la mise en place d'un Comité provisoire de gestion pour l'EFFSA. Cette décision fait suite à une correspondance antérieure (n° 1300/25/FECAFOOT/SG du 5 octobre 2025) portant suspension administrative du club.

Le comité provisoire désigné comprend Epoti Mbappe Ardant comme président, Wong Walter Gérard comme rapporteur, et Nnomo Amassa Georges et Foka Paul comme membres. Cette instance est chargée de gérer les affaires courantes du club jusqu'à l'aboutissement des procédures devant les commissions juridictionnelles compétentes de la FECAFOOT.

Face à cette décision, le bureau exécutif de l'EFFSA, composé de Nnana Onana Christian Désiré, Niloki Erina Cindy, Siani Tchame Ricky Rodrigue, Andzongo Stéphane Georges et Obama Guy Siméon, a publié un communiqué cinglant dénonçant ce qu'il qualifie d'illégalité manifeste.

Le club avance plusieurs arguments juridiques solides. Premièrement, après examen des textes statutaires et réglementaires de la FECAFOOT, l'EFFSA affirme qu'aucune disposition ne prévoit une sanction dénommée "suspension administrative" d'un club affilié. Selon le club, cette décision viole le principe fondamental de légalité des sanctions, consacré tant en droit disciplinaire sportif qu'en droit commun.

L'EFFSA souligne également que le Secrétaire général ne dispose d'aucune compétence disciplinaire ni politique lui permettant de prononcer une sanction contre un club, encore moins d'installer un organe dirigeant provisoire. Ses attributions seraient strictement administratives et exécutives, faisant de toute décision dépa

ssant ce cadre un excès de pouvoir juridiquement nul et sans effet.

Des violations graves dénoncées

Dans son communiqué, l'EFFSA dénonce une triple violation :

L'autonomie des associations sportives

La liberté d'administration des clubs

Les principes de gouvernance sportive reconnus aux niveaux national et international

Le club assure n'avoir jamais été notifié de ces décisions et menace de poursuivre sereinement ses activités pour la saison à venir, malgré les tentatives d'intimidation qu'il dénonce sur les réseaux sociaux.

Un précédent dangereux ?

Cette affaire soulève des interrogations profondes sur les limites du pouvoir fédéral face à l'autonomie des clubs. La FECAFOOT peut-elle, par simple décision administrative, suspendre un club et imposer une direction provisoire sans procédure disciplinaire claire et préalable ?

Le principe de sécurité juridique et de prévisibilité des sanctions, invoqué par l'EFFSA, constitue un pilier fondamental du droit sportif moderne. Si la fédération peut effectivement sanctionner les clubs affiliés, encore faut-il que ces sanctions soient prévues par les textes, prononcées par les organes compétents et respectent les droits de la défense.

Au-delà du cas particulier de l'EFFSA, cette crise met en lumière les fragilités de la gouvernance du football camerounais, particulièrement dans sa composante féminine. Comment garantir le développement harmonieux du football féminin si les clubs évoluent dans une insécurité juridique permanente ?

La résolution de ce conflit nécessitera probablement l'intervention des instances compétentes, voire des tribunaux, pour clarifier les prérogatives de chacun et rappeler les principes fondamentaux qui doivent régir les relations entre une fédération et ses clubs affiliés.

En attendant, l'EFFSA campe sur ses positions, déterminé à faire valoir ce qu'il considère comme ses droits légitimes face à une décision qu'il juge arbitraire et illégale. L'issue de ce bras de fer sera scrutée de près par l'ensemble de la communauté du football camerounais.

Source: www.camerounweb.com