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Corruption - Mal gouvernance - Détournements: révélations d'un prêtre sur Mrg Mbarga

Thu, 8 Apr 2021 Source: www.camerounweb.com

Ces accusations sont contenues dans le témoignage d'un prêtre de l'archevêché de Yaoundé sur des pratiques dont serait auteur Mgr Jean Mbarga et relayé par le lanceur d'alertes Boris Bertolt.

“ Mon cher Jean, Archevêque de Yaoundé, J’espère que tu vas bien en ces temps de Covid où l’inquiétude de tomber malade rend irritable et incertain du lendemain.

J’ai été surpris de recevoir ton invitation au Conseil d’administration du Centre Médical Jean Zoa que tu viens de convoquer pour le 8 avril. Comme à ton habitude, peu t’importe que la date que tu as décidée convienne ou non aux autres administrateurs. Tu as toujours agi comme ça, vu que tu es l’archevêque de Yaoundé.

Le 4 mars déjà tu en avais convoqué un, auquel aucun membre du COE (ONG Italienne) n’a pris part. Sur les 6 administrateurs restants (Tina ayant été assassinée), tu t’es entêté pour tenir le Conseil d’administration avec Sr Solange, en violation de toute disposition et de tout bon sens. Le quorum n’est pas de 2 membres dans un organe qui en compte 7. Les décisions que vous avez prises (et qui sont donc illégales) se sont traduites en nominations diverses. Tu as clairement laissé entendre que désormais le Centre Médical Jean Zoa ne relèverait plus que de ta seule autorité. Pour le directeur de l’hôpital et quelques-uns de ses collaborateurs que tu as imposés contre la volonté de la majorité des administrateurs et même de la direction du COE à Barzio, tu as donné le feu vert pour faire ce qu’ils veulent à condition de s’en référer à toi.

Quelques jours plus tard, alors que les chèques envoyés à la banque sont revenus impayés, tu t’y es rendu pour mouvementer des comptes que tu n’as pas ouverts, en pensant naïvement que ton titre d’archevêque suffirait à changer les règles bancaires. Dépité, tu as pris, d’autorité là encore, la décision d’élargir le CA à des prêtres (ils sont plus facilement manipulables) de manière à renverser la majorité au sein de ce Conseil d’administration qui ne te laisse pas les mains libres. Tu n’as malheureusement pas tenu compte de plusieurs facteurs:

Le gouvernement de l’Eglise auquel le Pape François te fait participer est un service et non un pouvoir absolu dont tu dois user au détriment des chrétiens ;

Le Centre Médical Jean Zoa n’est pas ta propriété, mais l’oeuvre d’une association chrétienne dont le fondateur, don Francesco Pedretti d’heureuse mémoire a voulu au service des pauvres ;

Le nom de Jean Zoa a été donné à cette oeuvre hospitalière en hommage à ton lointain prédécesseur pour sa grande sensibilité aux soucis des pauvres, ce en quoi il rejoignait notre fondateur. Ces deux hommes avaient un immense respect l’un pour l’autre ;

Le Conseil d’administration que tu présides n’a pas été créé par un évêque et tes prédécesseurs n’en faisaient pas partie, jusqu’au moment où le COE a cru utile (pas indispensable), de le faire présider par l’évêque. C’est ainsi que Mgr Tonye a accepté d’y faire deux ou trois apparitions, pour laisser au président du COE la charge de continuer à diriger une structure dont la gestion était saine. En tant qu’évêque, sa mission pastorale ne consiste pas à présider les conseils d’administration, disait-il. « Vu le nombre d’œuvres sociales dont l’archidiocèse de Yaoundé regorge, je passerais ma vie à présider des Conseils ». Par quelle alchimie une personne nommée par une autre peut-elle donc subitement se mettre à nommer des membres d’un conseil d’administration de manière unilatérale ? Cela s’appelle, au sein de l’Eglise et en dehors, un abus de pouvoir. Le Christ n’abusait pas du sien. Tes prédécesseurs non plus.

Avec tes prédécesseurs ainsi qu’avec les diocèses dans le monde où COE a créé des œuvres, celles-ci sont basées sur des Conventions signées entre l’ordinaire du lieu et le président du COE. C’est le cas au Cameroun pour les archidiocèses de Yaoundé, Garoua et Douala et pour les diocèses de Mbalmayo et Bafoussam. Une Convention lie deux entités et est faite pour être respectée, pas pour être violée. Ce n’est pas la Constitution d’une république bananière ;

Une entreprise ne se gère pas avec des sentiments mais avec des techniques managériales et des principes moraux. Le Centre Médical Jean Zoa a quitté sa vocation sociale pour n’être plus que le haut lieu d'un népotisme, d’un tribalisme et de plus en plus d’un cléricalisme sournois où tu nommes qui tu veux, quand tu veux et comme tu veux ;

Depuis que tu règnes sur le Conseil d’administration, tu décides avec le directeur de l’hôpital de son ordre du jour que tu modifies (là aussi d’autorité) le jour du Conseil; tu approuves les résolutions avec les administrateurs et quelques jours plus tard, tu modifies toutes les résolutions et les fais appliquer sans état d’âme par le directeur. Comment peux-tu encore croire que je me prêterais à ce jeu de dupes ou que le COE accepterait qu’un homme, fût-il archevêque, détruise l’œuvre de plusieurs vies ?

Il est une chose importante que tu sembles avoir oubliée ou que, la connaissant, tu l’ignores comme tu le fais d’un tas d’autres choses : l’évêque n’est pas au-dessus des lois du pays contenues dans le Code Civil et est soumis aux lois de l’Eglise contenues dans le Code de Droit canonique. Le COE est une ONG disposant d’un accord de siège avec le Gouvernement de la République (Code Civil) ; il est aussi une œuvre ecclésiale (Code de Droit Canonique, 1983, Livre II, 3ème partie, Titre III : Les Instituts Séculiers).

A toutes les correspondances que le président du COE t’a fait parvenir depuis 5 ans, tu as toujours répondu par le mépris. Tu as franchi le rubicond en nommant des membres à un Conseil d’administration que tu n’as pas créé et sur lequel tu n’as pas d’autre autorité que celle que te confère la Convention qui lie l’archidiocèse au COE.

Tu parles des membres camerounais du COE que nous sommes comme « vos gens », dans un mail fielleux et plein d’acrimonie, parce que du haut de ta posture d'archevêque, nous autres laïcs ne sommes que les accompagnateurs des clercs que vous êtes. C’est pourquoi tu préfères noyer le CA dans ce cléricalisme de mauvais aloi que François n’a pas arrêté de dénoncer. Je n’ai pas besoin de rappeler que l’Eglise n’appartient pas aux prêtres mais à tous les chrétiens. Dans son histoire, il y a eu de longues périodes de persécution où elle n’a tenu bon que parce que des chrétiens, sans prêtres, avaient bravé le martyre et les persécutions au nom de leur foi.

Les méthodes que tu utilises confinent à une forme malsaine de management :

Tu as ouvert en catimini un compte pour le Centre Jean Zoa à la Procure, sans en informer officiellement le COE dont je te rappelle qu’il est toujours le propriétaire dudit Centre, vu que l’archidiocèse n’y a pas investi d’argent jusqu’ici ;

Tu t’es arrogé 10% de la subvention du PBF au prétexte que tu as un contener à faire sortir du port, comme si le Centre Jean Zoa avait un intérêt quelconque dans cette transaction ;

Dans ta dernière lettre au Président du COE (31 mars 2021) dont tu as mis le Nonce en copie, tu affirmes des contrevérités en dépit des faits qui montrent que depuis ton arrivée à la tête du diocèse, tu n’as rien fait ni voulu d’autre que mettre la main sur les ressources que le COE a produits. Il n’a jamais été question de faire pression sur toi ni de résilier la Convention qui nous lie, mais il apparait maintenant clairement que ton objectif est de faire tomber le Centre de Santé dans ton escarcelle afin de te permettre de disposer des fonds que cette structure génère sans contre-pouvoir. Les lettres du COE visaient simplement à ce qu’une gestion conjointe puisse être mise en place, ce qui ne semblait pas te convenir puisque tu avais un agenda caché qui ne se révélerait que progressivement, celui de faire main-basse sur le Centre Jean Zoa.

Ni avec tes prédécesseurs, ni avec les autres évêques le COE n’a subi un tel harcèlement. Je m’en voudrais de ne pas dénoncer ces voies de faits sur une organisation qui ne t’a jamais manqué de respect et sur des personnes qui, malgré ta violence et ton agressivité à leur endroit, t’ont toujours accordé le plus grand respect.

Comme tu peux le subodorer, j’enverrai cette lettre au Nonce, non pas en tant que membre du COE, mais à titre personnel, comme un chrétien qui souffre de la manière dont tu gouvernes l’Eglise de Yaoundé.

Fraternellement”.

Source: www.camerounweb.com

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