Invité de l'émission Libre Expression sur Info Tv, l'analyste politique Jean Robert Wafo a livré une analyse sans concession de l'affaire du faux décret de nomination d'un Vice-Président. Selon lui, si les responsables de la CRTV, Aimé Robert Bihina et Charles Ndongo, avaient été intégrés dans le gouvernement fantôme, ils n'auraient jamais résisté à la diffusion du document.
Jean Robert Wafo a d'abord rappelé le contexte : l'affaire du faux décret présidentiel, qui a failli être lu sur les antennes de la CRTV en juin 2026. « Vous avez vu les décrets qui ont été bloqués à la CRTV. C'est parce que ceux qui ont initié cela ont perdu une chose de vue, ils n'ont pas tenu compte de ceux qui allaient être en bout de chaîne », a-t-il déclaré.
Selon lui, la résistance des responsables de la CRTV n'était pas motivée par le respect de la loi, mais par une question de positionnement. « Si dans ce décret portant nomination des membres du gouvernement, Aimé Robert Bihina avait été nommé secrétaire d'État, si Charles Ndongo avait été nommé ministre de la Communication, vous croyez qu'ils auraient résisté ? Ils allaient lire. »
Un système de cooptation
Pour Wafo, la logique du régime est claire : on ne résiste pas à un décret quand on en est bénéficiaire. « S'ils avaient été dans ce gouvernement-là, ils n'auraient pas pris la peine d'appeler Genève et autres. Ils allaient dire : notre tour est arrivé et ils allaient lire. »
Une analyse qui révèle les mécanismes de cooptation et de clientélisme qui régissent le fonctionnement du régime camerounais, où les fidélités personnelles et les intérêts individuels priment souvent sur le respect des règles institutionnelles.
Les initiateurs du faux décret, selon Wafo, ont commis une erreur stratégique en oubliant d'intégrer les gardiens de la dernière ligne : les responsables de la CRTV. En ne leur offrant pas de postes dans le gouvernement fantôme, ils ont scellé l'échec de leur tentative. Une leçon que les conspirateurs n'oublieront pas, conclut-il.