Des bruits de couloir évoquent une potentielle rupture de la liaison officielle qui existe depuis des années maintenant entre la première dame et son mari au pouvoir étendu. « Quand vous regardez bien les agissements de Chantal, vous comprenez clairement que Paul Biya n'a plus aucune autorité sur elle. Vous avez l'impression de voir une femme célibataire qui vit désormais sa vie à cent à l'heure car libérée du poids des contraintes », souligne une source considérée comme très crédible dans le paysage sociopolitique camerounais. Et si c'était le cas ? Nous avons mené notre enquête.
L'informateur indique, s'agissant de cette liberté liberticide de Chantal Biya ces dernières semaines, que tout ceci arrive simplement parce que le président de la République, plus vieux dirigeant encore à ce poste au monde, n'a plus l'énergie nécessaire et la force de lui intimer un ordre quel qu'il soit. « Rappelez-vous bien quand Biya était vraiment en forme, c'était extrêmement rare, pour ne pas dire impossible, de voir son intimité », fait constater l'intervenant.
En effet, peu de Camerounais pouvaient même mettre un nom sur un membre de la famille de Biya. Les Camerounais n'avaient aucune idée de la couleur des murs des appartements privés de la présidence et il existait une sorte de mythe autour de sa personne.
Aussi, les sorties du couple présidentiel étaient mesurées et limitées dans le temps ainsi que dans l'espace. « Chantal Biya ne mettait le nez dehors que pour des sorties officielles et chronométrées, même voir sa défunte mère était protocolaire et plus important encore, on ne pouvait pas voir n'importe qui ou n'importe quoi autour de Paul Biya », sait très bien la source en question, membre de la diaspora.
Elle continue en faisant comprendre qu'à côté de Biya, on avait un Belinga Eboutou qui jouait parfaitement son rôle de directeur de cabinet civil de la présidence et qui savait se faire respecter. Aujourd'hui, « Paul Biya est un légume, Belinga Eboutou n'est plus, Chantal Biya est donc libre et porte davantage des tenues semblables à celles d'une jeune bimbo », tout cela en fait beaucoup pour qu'il n'y ait plus de limite et qu'il y ait en revanche plus de laisser-aller.
Les conséquences qui découlent de cette situation, rappelle Zang Jorel, sont nombreuses : l'intimité de Paul Biya, sous toutes les formes, est publiée sur les réseaux sociaux avec souvent des photos très désavantageuses pour son image. Aussi, des personnes bizarres aux vies curieuses se retrouvent à se filmer avec le chef de l'État comme si elles sont ses camarades. Par ailleurs, le palais de la République est quasiment transformé en boîte de nuit géante où on célèbre les fêtes quasi-quotidiennement avec les courtisans.
Tout ceci, continue-t-il, avec la bénédiction de Chantal Biya qui, au passage, fait « désormais le tour de certains bars et louanges de la cité capitale ou qui peut simplement abandonner son mari alité en Suisse pour aller faire les siennes aux USA. En fait, on dirait une femme célibataire ». Et si elle l'était dorénavant ? La guerre de succession, qui a éclaté de façon silencieuse à Etoudi (Yaoundé), s'annonce ravageuse une fois que le président ne sera plus là. Le poste de vice-président créé est attendu comme décisif en ce sens que l'heureux élu sera immédiatement promu président quand Biya décédera ou ne se sera plus en mesure de continuer.
Chantal Biya a suivi avec beaucoup d'attention l'affaire du coup d'État au Gabon et comment les nouvelles autorités ont traité la femme d'Ali Bongo. Chantal Biya ne voudrait pas qu'une telle chose lui arrive ni à ses enfants et se préparerait en connaissance de cause. Le divorce est une des possibilités qu'elle envisagerait, nous communique-t-on, pour être non inquiétée le jour venu. Peut-être qu'officiellement, c'est déjà acté, ce qui expliquerait la conduite je-m'en-foutiste de Chantal Biya qui ne se soucie plus d'aucun code.