Coup de tonnerre : cette révélation qui change tout dans le procès d'Amougou Belinga

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Tue, 15 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

L'audience de ce mardi 15 septembre 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé a apporté un éclairage nouveau sur la genèse de l'enquête sur l'assassinat de Martinez Zogo. Interrogé par le Commissaire du Gouvernement, le Lieutenant-Colonel Bialo, du Service Central des Recherches Judiciaires (SCRJ), a révélé que son service s'était saisi du dossier de sa propre initiative, sans instruction hiérarchique préalable. Une révélation qui soulève des questions sur la coordination initiale des investigations.

C'est une précision qui pourrait peser dans le débat sur la conduite de l'enquête. Ce mardi 15 septembre 2026, devant le Tribunal militaire de Yaoundé, le Lieutenant-Colonel Bialo, du Service Central des Recherches Judiciaires (SCRJ), a été interrogé par le Commissaire du Gouvernement sur les conditions dans lesquelles son service s'est retrouvé impliqué dans l'affaire Martinez Zogo.

Une auto-saisine, pas une instruction hiérarchique

« Le Service Central des Recherches Judiciaires s'est auto-saisi à la suite de la disparition de Mbani Zogo », a déclaré le Lieutenant-Colonel Bialo à la barre. Une formulation qui indique que le SCRJ n'a pas attendu d'ordre formel pour engager ses investigations, mais a pris l'initiative dès le signalement de la disparition du journaliste, le 17 janvier 2023.

Une « enquête environnementale » avant tout

Le témoin a également apporté une seconde précision capitale sur la nature des premières investigations menées par son service. « Le Service Central des Recherches n'a pas fait de constatation dans le cadre de la police judiciaire, le service s'est déployé dans une enquête environnementale », a-t-il expliqué.

Cette distinction est importante. L'« enquête environnementale », dans le langage des services de renseignement, désigne la collecte d'informations autour de la victime, de son entourage et de son milieu, plutôt que les constatations techniques et scientifiques sur les lieux du crime. Le SCRJ a donc privilégié le renseignement et la recherche d'informations sur les réseaux de la victime, avant que l'enquête ne bascule vers une procédure judiciaire classique.

Le Service Central des Recherches Judiciaires est l'organe technique de la Gendarmerie Nationale chargé d'assister le commandant de la gendarmerie dans les enquêtes relatives à la grande criminalité, à la délinquance transnationale et itinérante, ainsi qu'aux affaires économiques et financières . Sa saisine dans une affaire de disparition de journaliste, avant même que le parquet militaire ne soit formellement saisi, témoigne de la gravité immédiate accordée au dossier.

Cette révélation intervient alors que le procès se poursuit et que les débats portent régulièrement sur la coordination entre les différents services impliqués dans l'enquête : la commission d'enquête mixte police-gendarmerie mise sur pied par le président Biya, la DGRE, le SCRJ, et l'instruction judiciaire .

L'audition du Lieutenant-Colonel Bialo s'inscrit dans une série de témoignages qui, depuis plusieurs semaines, permettent de reconstituer la mécanique complexe de l'enquête. Son nom était déjà apparu dans le dossier, notamment pour son rôle dans la gestion des images de vidéosurveillance et dans les investigations techniques menées autour de l'affaire .

Le témoignage de ce mardi apporte une pièce supplémentaire au puzzle : celle de l'initiative initiale. Si le SCRJ s'est auto-saisi, c'est que dès les premières heures, l'affaire Zogo a été perçue par les services de renseignement comme dépassant le cadre d'une simple enquête de police judiciaire. Une perception qui, trois ans plus tard, continue d'alimenter les débats devant le Tribunal militaire de Yaoundé.

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