Courage de femme : Marie-Rose Messi défie le Premier ministre Ngute

Marie Rose Messi Un gros défi

Sat, 10 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Ce dont il s’agit est l’affaire Gaby Nkondo. La directrice de la Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC) montre qu’elle est motivée à se faire entendre. Elle défie le premier ministre, comme le fait savoir Boris Bertolt dans sa publication.

Le conflit entre la Société de recouvrement des créances et Gabriel Kondo Ebelle prend une dimension institutionnelle. Dans un communiqué daté du 9 octobre 2026, l’avocat du président-directeur général de Pack Industry accuse la direction de la SRC de poursuivre les opérations de saisie et de vente malgré des instructions de suspension attribuées au Premier ministre.

La SRC, dirigée par Marie-Rose Messi, est ainsi mise en cause pour une défiance présumée envers le chef du gouvernement. Son identité et ses fonctions sont confirmées par les publications officielles de l’entreprise.

Selon Me Hugues Arsène Medou, Gabriel Kondo Ebelle avait saisi la primature pour dénoncer les méthodes de recouvrement employées à son encontre. Le Premier ministre aurait alors prescrit des mesures conservatoires : suspendre les saisies-exécutions dans l’attente d’une expertise financière destinée à déterminer le solde éventuellement dû, et respecter les décisions judiciaires ordonnant la restitution des biens emportés.

Ces instructions ont été relayées par le ministre des Finances. Pourtant, affirme l’avocat, la direction de la SRC aurait décidé, le 8 octobre, de remettre en vente des biens déjà saisis et de poursuivre les saisies.

Le grief central porte donc sur la poursuite du recouvrement alors que le montant restant à payer serait toujours contesté. Le cabinet affirme également que la SRC aurait refusé, par courrier adressé à l’expert désigné, de transmettre les pièces justifiant sa créance.

Si ces éléments sont confirmés, le dossier poserait directement la question du respect des arbitrages de la primature par la direction d’une société publique. Les correspondances du Premier ministre, du ministère des Finances et de la SRC ne sont toutefois pas annexées au communiqué : leur contenu exact et leur portée restent à confronter.

Le bras de fer est ancien. En juin 2025, la SRC avait annoncé une vente aux enchères de véhicules, de mobilier et d’autres effets appartenant à Gabriel Kondo Ebelle, dans le cadre du recouvrement de créances liées à Union Bank of Cameroon. Les quatre véhicules proposés représentaient une mise à prix cumulée de 306,5 millions de francs CFA, selon EcoMatin.

Un précédent judiciaire éclaire la contestation actuelle. Selon Journal du Cameroun, la Cour d’appel du Littoral a ordonné, le 26 février 2026, la restitution des biens après l’annulation d’un commandement de payer du 12 avril 2024. Cette restitution était assortie d’une astreinte d’un million de francs CFA par jour de retard. Cette décision concernait la procédure de recouvrement et ne suffit pas, à elle seule, à établir l’extinction de toute dette.

Dans son communiqué, Gabriel Kondo Ebelle affirme que les astreintes courues dépasseraient désormais la créance réclamée. Aucun décompte ni décision de liquidation n’est fourni pour vérifier cette comparaison. L’industriel invoque également la protection de son outil de production et de plus d’une centaine d’emplois. Son conseil annonce une réaction face à toute nouvelle intervention qu’il considérerait comme injustifiée.

Source: www.camerounweb.com