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General News Mon, 22 Feb 2021

Détournement au sommet de l'Etat: l’urgence de la déclaration des biens

Une clique de gestionnaires de crédits s’enrichit scandaleusement au mépris de la réglementation en vigueur. Vivement que « l’article 66 » de la constitution soit appliqué !

Le Cameroun est visiblement un pays des » paradoxes” où des châteaux de mille et une nuits sortent de terre sans que personne ne s’en émeuve. Plusieurs responsables roulent carrosse sans être inquiétés. Situation qui pousse au sommet l’une clique de cadres essentiellement carriéristes, prêts à tuer pour être nommé. et jouir de moult avantages.

Pourtant tous les gestionnaires publics savent que l’enrichissement scandaleux est prohibé et que le service public est assimilable au sacerdoce le statut générai Je la Fonction publique énonce d’ailleurs un ensemble de règles par tout agent public. On accède aux postes de ministre, Dg, et autres pour servir et faire évoluer le pays. Malheureusement, au Cameroun, les responsables et autres, gestionnaires de crédits usent et abusent de leurs fonctions.

La conséquence immédiate est le travail qui prend un sérieux coup. L’actualité brûlante fait ressortir des grèves de personnels, mécontents du traitement inhumain dont ils sont l’objet. Les chantiers sont abandonnés ou mal exécutés. Des exemples emblématiques de malgouvernance sont légion sur l’étendue du territoire national. Plusieurs chantiers de la « Can Total” sont aux arrêts, hôpitaux abandonnés, désastres environnementaux à Lorfi Pangar et Mekin etc… alors que les maîtres d’ouvrage et adjudicataires mènent un train de vie princier.

Plusieurs procès engagés contre les gestionnaires indélicats ont viré à l’acharnement et au lynchage d’adversaire politique. Il n’en est rien. Le détournement de deniers publics est devenu l’un des sports les plus pratiqués par une certaine catégorie de responsables. L’aisance financière des cadres des Régies financières a fait école au point où l’on a assisté à une démission massive d’autres corps de métier pour embrasser la carrière de comptable matières agent financier ou billeteur. Manipuler les fonds de l’Etat continue à faire les émules en dépit de « l’opération épervier ».

Toute la chaine de la dépense publique est une classe privilégiée où il suffit juste deux années aux affaires pour compter des signes extérieurs de richesse sous nos latitudes : villas, voitures, virements, maîtresses, plantations… palmarès que les pionniers de l’administration affichaient au crépuscule de leur carrière. Les nouveaux quartiers de plusieurs villes camerounaises sont l’œuvre des fonctionnaires pilleurs des caisses de l’Etat. Tout se passe comme si l’arsenal juridique consistait juste à amuser la galerie.

Plusieurs ordonnateurs ne sont pas à mesure de justifier leurs avoirs. L’impunité a atteint des proportions inquiétantes au point de faire sortir l’Agence nationale d’investigation financière(Anip) de ses gongs, où elle a récemment épinglé le secteur immobilier comme lieu par excellence de blanchiment de capitaux au Carperoun. C’est surprenant et même honteux que des propriétés réputées chics poussent comme des champignons en pleine crise sanitaire et son corolaire de ralentissement d’activités dans plusieurs localités.

La légion de nouveaux riches qui narguent à tout vent, le peuple cause tant de dégâts qu’une certaine génération ne jure que par l’Enam, le moule de formation et de formatage des » braqueurs des fonds publics”. Une erreur monumentale, puisque la société démocratique et moderne est celle de la complémentarité de corps de métiers. Tout le monde ne peut pas être comptable -matières collecteurs d’impôt, douaniers, trésoriers, caissiers, Dag, contrôleurs financiers.

L’Etat a besoin d’enseignants, de médecins, d’agronomes de travailleurs sociaux, d’ingénieurs, de journalistes pour satisfaire aux besoins fondamentaux des populations. Au lendemain de la fête de la Jeunesse, cette catégorie de citoyens doit savoir que la Nation a besoin de tous les corps de métiers intègres et patriotes pour son développement. Il faut bien répondre à cette question d’un illustre contemporain : « Quel Cameroun voulons-nous pour nos enfants”
Source: Actu Cameroun