Le danger est présent sur le territoire avec Boko Haram qui impose une menace mortelle au sein de la population. Le groupe conserve un pouvoir de nuisance redoutable. Bien qu'activement traquée par les forces de défense, cette secte opère de plus en plus par petites unités mobiles hautement imprévisibles et difficiles à maîtriser.
Un nombre incalculable de fois déjà, Boko Haram a été à l'origine de raids (souvent nocturnes) et des pillages dans des zones vulnérables. Par exemple, les localités frontalières du Nigeria subissent fréquemment des incursions qui leur font perdre du bétail, des récoltes, et le plus grave, des vies.
En septembre 2025, parlant de cas plus précis, il s'est déroulé une attaque, celle d'une paroisse, un lieu pourtant censé être très religieux et qui ne devrait jamais être ciblé. Aussi, plusieurs écoles et des postes militaires sont des cibles privilégiées, prises par surprise et au dépourvu, par les éléments armés pour paralyser l'autorité de l'État.
Devenus une source majeure de financement, les kidnappings ciblent principalement des villageois, des jeunes femmes et des hommes sur lesquels leurs familles respectives comptent. Cela est suivi par des demandes de rançons, qui non payées, peuvent engendrer la mort de la personne kidnappée. On parle le plus souvent de plusieurs millions de francs CFA demandés, des sommes difficiles à réunir et qui condamnent souvent des têtes à mourir.
Il y a des semaines, une femme a été kidnappée par Boko haram à Moutsikar. Il s'agit d'un village du pays situé dans la région de l'Extrême-Nord, le département du Mayo-Tsanaga et la commune de Koza. La localité se trouve près de la frontière avec le Nigeria et fait face à des défis sécuritaires liés aux incursions de groupes armés. La compatriote est restée en captivité chez les terroristes pendant un mois, selon nos décomptes.
Apeurée, la femme priait chaque jour Dieu de la sortir d'affaire. Elle a en effet réussi à s'échapper des mains de ses ravisseurs au cours de ces dernières heures. Ses prières ont été entendues et elle n'en revient vraiment pas, elle qui se considérait déjà comme très proche de la mort et de la tombe.
Épuisée, dévoile un lanceur d'alerte, la dame a été retrouvée par des villageois près du mont Kouva. Rapidement, elle a été conduite au camp militaire d'Ouzal. Là-bas, on va lui poser quelques questions de routine pour s'assurer que tout ceci est vrai et si un danger imminent n'est pas à prévoir.
L'ex-otage affirme alors qu'elle a entendu ses ravisseurs, les membres de Boko Haram donc, préparer des attaques terroristes contre les populations dans les jours à venir. Dans un climat sociopolitique clivé, avec le président de la République Paul Biya absent pour cause de maladie et même annoncé mort par certains, ces attaques, si elles venaient à avoir lieu, pourraient plonger le pays dans un véritable chaos. À l'armée, on a bien envie de dire qu'un homme averti en vaut deux.