De l'opposition à l'opposition : Owona Nguini, nouvel adversaire de Maurice Kamto

Owona Nguini Et Bahebeck Image illustrative

Wed, 7 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Jeune Afrique dévoile comment un ancien critique du régime est devenu l'un des détracteurs les plus virulents du MRC

Dans une enquête exclusive publiée ce 7 janvier, Jeune Afrique retrace la transformation spectaculaire de Mathias Éric Owona Nguini, passé du statut d'opposant au régime à celui d'adversaire acharné de l'opposition elle-même. Le politologue a particulièrement pris pour cible Maurice Kamto et son Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

Jeune Afrique révèle la véhémence des attaques d'Owona Nguini contre le leader du MRC. Le magazine rapporte que l'universitaire accuse le parti d'avoir plagié son projet de société et conteste la légalité de la candidature de Kamto à la présidentielle de 2025.

Les critiques vont jusqu'au style personnel, selon Jeune Afrique : Owona Nguini qualifie Maurice Kamto de "très mauvais orateur politique", lui reprochant de manquer de stratégie et de sens des responsabilités. Le média panafricain précise également que l'universitaire estime que le MRC n'est plus représentatif, affirmant que le boycott des législatives et municipales de 2020 a affaibli sa crédibilité.

L'ironie de cette situation n'échappe pas à Jeune Afrique, qui rappelle qu'Owona Nguini était lui-même, il y a quelques années, un critique féroce du pouvoir de Paul Biya. Le magazine cite ses propos de 2015, lorsqu'il dénonçait le Cameroun comme "une terre de décivilisation" minée par la corruption et la prédation.

Jeune Afrique souligne également qu'en 2014, l'universitaire avait défié publiquement Jacques Fame Ndongo, ministre et cadre du RDPC, en lançant : "Le règne de Pharaon est terminé !" Ce qui lui avait valu, selon le magazine, d'être hissé au rang de voix incontournable dans l'opposition.

L'enquête de Jeune Afrique met également en lumière un épisode particulièrement controversé de la nouvelle posture d'Owona Nguini. Le magazine révèle qu'après le massacre de Ngarbuh du 14 février 2020, l'universitaire s'est retrouvé au cœur d'une polémique internationale.

Jeune Afrique rapporte qu'en mars 2020, interrogé sur un rapport de Human Rights Watch incriminant l'armée camerounaise, Owona Nguini a affirmé que le document avait été retiré du site de l'ONG. Le magazine précise que cette affirmation a été rapidement démentie par Equinoxe TV et par Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior de HRW, qui a qualifié l'allégation de "fake news".

Selon Jeune Afrique, loin de se rétracter, l'universitaire a dénoncé ce qu'il considérait comme des attaques personnelles. Le magazine note qu'il évite désormais les médias qu'il juge proches du MRC.

Jeune Afrique révèle qu'Owona Nguini a développé une approche médiatique très ciblée. Depuis les controverses, le magazine indique qu'il privilégie exclusivement les médias considérés comme alliés du pouvoir et se tient soigneusement à l'écart des plateaux qu'il estime favorables à l'opposition.

Cette stratégie, selon l'analyse de Jeune Afrique, contraste radicalement avec ses anciennes pratiques, lorsqu'il n'hésitait pas à affronter les communicants du régime sur tous les plateaux et à tourner en dérision le parti au pouvoir.

Le magazine panafricain documente aussi l'engagement politique direct d'Owona Nguini. Jeune Afrique révèle que durant la campagne présidentielle récente, l'universitaire a multiplié les interventions portant l'écharpe du RDPC, le parti au pouvoir.

Plus symbolique encore, Jeune Afrique rapporte sa réception au palais présidentiel le 20 mai dernier, où il est apparu "tout sourire" en serrant la main de Paul Biya, le président qu'il critiquait vertement quelques années auparavant.

Les révélations de Jeune Afrique soulèvent des interrogations sur la cohérence d'un parcours intellectuel. Comment un spécialiste de l'autoritarisme en Afrique peut-il passer de la critique à la défense d'un système qu'il dénonçait comme "mystocratie" et "kleptocratie" ?

Le magazine note avec pertinence que ce type de retournement illustre les défis auxquels font face les intellectuels africains, pris entre conviction et opportunité, entre critique du pouvoir et tentation de l'influence.

Jeune Afrique conclut en soulignant que cette transformation a des conséquences concrètes sur le paysage politique camerounais. En devenant un détracteur virulent du MRC, Owona Nguini offre au pouvoir un atout précieux : celui d'un ancien opposant reconverti, dont la légitimité intellectuelle passée peut être utilisée pour décrédibiliser l'opposition actuelle.

Source: www.camerounweb.com