« De la cabale à l'arbitraire » : le Dr Olive Ngobo accuse Joseph Beti Assomo d'avoir brisé sa carrière

Dr Olive Ngobo Elok CONTRE AMIRAL JOSEPH FOUDA Image illustrative

Mon, 19 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans un témoignage d'une rare violence, le Dr Olive Ngobo Elok, présidente de LIVIA Foundation, revient sur les conditions de son éviction du ministère de la Défense en 2020. Elle accuse le ministre Joseph Beti Assomo d'avoir ordonné son arrestation et la saisie de son bureau sur la base de « commérages infondés », allant jusqu'à la qualifier de trafiquante d'armes. Une affaire qui met en lumière les dérives de l'arbitraire administratif au Cameroun.

C'est un récit qui mêle humiliation, injustice et règlement de comptes. Dans un texte publié sur ses réseaux sociaux, le Dr Olive Ngobo Elok, experte en relations internationales, revient sur les événements qui ont conduit à son éviction du ministère de la Défense (MINDEF) entre décembre 2019 et février 2020.

À l'époque, le Dr Ngobo devait accéder à une promotion en qualité de Conseiller Technique civile au MINDEF, sur proposition émanant du sommet de l'État. Mais selon elle, des collaborateurs du ministre Joseph Beti Assomo, « mus par la jalousie et la haine », ont monté une « cabale grotesque » contre elle.

Ils auraient affirmé au ministre qu'elle se livrait au trafic d'armes et que son bureau servait de point de stockage. Ils auraient également prétendu qu'elle racontait partout entretenir une relation avec le ministre dans le but d'arnaquer des gens. « Sans la moindre vérification préalable, le Ministre a choisi de prêter foi à ces calomnies », écrit-elle.

Une arrestation humiliante

Le Dr Ngobo raconte ensuite son arrestation, sur plainte du ministre lui-même, auprès du Secrétariat d'État à la Défense en charge de la Gendarmerie nationale. Elle affirme que son bureau a été scellé sur instruction du MINDEF, et qu'un avis de recherche national a été émis à son encontre.

« Le jour de mon arrestation, j'étais élégamment vêtue d'une robe blanche moulante, chaussée d'escarpins orange et soigneusement maquillée, ma sacoche accrochée à l'épaule, alors que je m'apprêtais à monter dans mon véhicule. Sur instruction directe, on m'a passé les menottes, puis attachée à une barre métallique d'un pickup Toyota Hilux double cabine de la Gendarmerie nationale, et emmenée sous escorte de motards, toutes sirènes hurlantes, jusqu'au Groupement comme une vulgaire bandite. »

Aucune arme retrouvée

Lors de la levée des scellés, en présence du colonel Joël Émile Bamkoui, chef de la Division de la Sécurité militaire, chaque meuble et effet personnel a été inspecté. « Résultat : pas la moindre trace d'arme ni de munition. »

Le Dr Ngobo rend hommage à Me Alice Nkom, qui a envoyé son collaborateur Me Pondi à son secours, ainsi qu'au colonel Bamkoui, qui lui a prêté deux véhicules pour transporter ses effets personnels. Une manière de souligner que, même au sein de l'appareil sécuritaire, certains ont fait preuve d'humanité.

Le Dr Ngobo conclut par une mise en garde directe au ministre de la Défense. « Tant que ma carrière et ma dignité ne seront pas restaurées à leur juste valeur, la responsabilité de cette injustice continuera de peser. Tant que vous ne réparerez pas ces torts, vos enfants n'évolueront pas avec nous dans ce Cameroun après le vent du changement. »

Une menace à peine voilée, qui témoigne de la détermination de la militante à obtenir réparation. Contactés, ni le ministère de la Défense ni Joseph Beti Assomo n'ont réagi à ces accusations. Une chose est certaine : dans un contexte de révélations en cascade sur les dérives de l'appareil d'État, le témoignage du Dr Ngobo ajoute une pièce supplémentaire au dossier des abus de pouvoir.

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