Des caresses feront augmenter le tarif. Les baisers sur les lèvres aussi, comme l’absence de préservatif

Prostitution Au Cameroun Image illustrative

Wed, 27 Nov 2024 Source: www.camerounweb.com

La nuit tombe à Yaoundé. Les embouteillages, fléaux de la capitale du Cameroun, n'ont pas encore pris fin et les taxis jaunes s'évertuent à slalomer entre les cratères du bitume et les files de voitures. Sur le bord de la route, au milieu des fumées d'échappement, certaines Camerounaises s'apprêtent à commencer leur journée de travail. Jupes courtes et hauts talons sont de rigueur. C'est un uniforme. C'est ce que Jeune Afrique indique dans un reportage inédit.

Pour ces femmes du quartier Carrière, survivre signifie négocier chaque espace, chaque interaction. Un gardien d'immeuble vétuste accepte, moyennant 1 000 à 2 000 F CFA, de leur céder un hall désert ou une arrière-cour. Ici, quelques cartons suffiront pour quelques minutes de « soulagement » tarifé à 1 000 F CFA.

Mais cette survie a un prix : le « droit d'atterrissage », une taxe informelle variant entre 15 000 et 25 000 F CFA. Esther*, réfugiée après avoir perdu sa maison dans le conflit séparatiste, en sait quelque chose. « J'ai atterri à Carrière. J'ai eu de la chance, c'est un quartier plutôt sécurisé », raconte-t-elle.

Les « gate keepers », ces anciens enfants de la rue, contrôlent ces territoires. Contre rémunération, ils assurent une protection relative. « La plupart des filles essaient de sortir avec leur gardien, pour être sûre d'avoir une protection », explique Esther. Mais cette sécurité reste précaire : un couple séparé signifie un changement de quartier.

Dans cette réalité urbaine, la prostitution n'est pas un choix mais une stratégie de survie. Chaque nuit, ces femmes négocient leur dignité contre quelques francs, dans un système qui les maintient en marge.

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