2

Dictature : tous les Camerounais même du RDPC sont en danger

Paul Biya Marche Camerounweb Voici pourquoi il faut s'engager

Fri, 5 Aug 2022 Source: www.camerounweb.com

Sébastien Eloundou le Bozayeur Eton, a dans une tribune, paraphrasant un texte de Martin Niemöller démontré les raisons pour lesquelles les Camerounais devraient s’engager contre la dictature de Paul Biya.



TRIBUNE : LA RAISON POUR LAQUELLE JE NE PEUX PAS ME TAIRE FACE AUX INJUSTICES AU CAMEROUN

Quand ils sont venus attraper Kamto et les mrcistes, je n'ai rien dit car je n'étais pas du MRC.

Quand ils ont arrêté et torturé des marcheurs pacifistes je n'ai rien dit car je n'étais pas parmi les marcheurs.

Quand ils ont arrêté des Nordistes et les ont exécuté, femmes et enfants, les traitant de boko haram je n'ai rien dit car je n'étais pas Nordiste.

Quand ils ont commencé à assassiner les anglophones, je n'ai rien dit car je n'étais pas anglophone.

Quand ils ont arrêté et torturé Sébastien Ebala, je n'ai rien dit car je ne soutenais pas Sébastien Ebala et je trouvais d'ailleurs son discours trop intégriste.

Quand ils ont arrêté Bibou Nissack et Alain Fogue et les ont condamnés injustement, je n'ai rien dit car je ne me sentais pas concerné.

Quand ils ont commencé à sortir le discours tribal et haineux envers les Bamileke, je n'ai rien dit car je n'étais pas Bamileke.

Quand ils ont giflé le Dr Fridolin Nke et l'ont soustrait de ses cours à l'université, je n'ai rien dit car je trouvais même d'ailleurs que ce Dr en faisait un peu trop.

Quand ils ont arrosé et tabassé les enseignants, je n'ai rien dit car je n'étais pas enseignant.

Quand ils ont arrosé les bendskineurs, je n'ai rien dit car je n'étais pas bendskineurs.

Quand ils ont même molesté les aveugles, je n'ai rien dit car je ne suis ni aveugle, ni handicapé.

Quand ils ont cassé les maisons des Sawas, je n'ai rien dit car je n'étais pas Sawas.

Quand finalement ils sont venus me chercher, j'ai regardé à gauche, et à droite, il n'y avait plus personne. J'ai crié au secours, mais personne n'est venu me sauver. C'est ce jour que j'ai compris que c'était mon silence face à ce qu'ils faisaient aux autres, qui les avait lentement et sûrement conduit vers moi. Car une société fondée sur la négation des droits humains est un Djangui où chacun bouffe la tontine à son tour. Quand la pluie de l'injustice tombe, Il n'y a pas d'abri. Elle mouille tout le monde.

Il n'y a en définitive aucune sécurité dans un dictature. Si sa main ne te touche pas sache que ce n'est juste pas encore ton heure. Mais peu importe ton rang sur la liste, elle finira assurément par te toucher. Et ce jour tu auras mal. Pas parce l'injustice t'a touché, mais tu auras mal parce que tu auras longtemps cru à l'illusion selon laquelle tu en étais épargné.

C'est donc conscient de cela que je ne peux m'arrêter de parler, de dénoncer. Car en combattant pour les autres, j'empeche à l'injustice de m'atteindre moi ou les miens. Donc quand je dénonce pour toi aujourd'hui, c'est pour protéger le moi de demain. Et lorsque je me tais devant ce que subisse les autres, je raccourci chaque jour la distance qui me sépare du Léviathan, du monstre froid.

Sébastien Eloundou le Bozayeur Eton, paraphrasant un texte de Martin Niemöller, sur la lâcheté des intellectuels pendant le nazisme.

Source: www.camerounweb.com